‹ Lectures morales et religieusesChapitre 58 sur 72 · XV. DE L'UNITÉ DE DIEU · texte numérisé non relu

XV. DE L'UNITÉ DE DIEU

Y a-t-il une Providence qui veille sur toute la nature, ou toutes choses ayant été formées par le hasard, lui doivent-elles aussi leur conservation ? Déiïiocrite a été l'auteur de cette opinion , et son disciple Épicure l'a pareillement enseignée. Mais ces deux philosophes n'ont fait que renouveler l'impiété de deux fameux athées, Protagoras et Diagoras, dont le premier doutant de la Divinité, et le second la niant absolument, s'accordaient en cela, qu'ils ôtaient à la Providence le gouvernement de l'univers.

Les stoïciens au contraire ont toujours soutenu que le monde n'avait pu être formé que par cette souveraine puissance, et ne pouvait se conserver que par ses soins. Cicéron même, quoiqu'il fût académicien déclaré, abandonna sur ce point l'incertitude de sa secte, pour confirmer par plusieurs arguments affirmatifs le sentiment des stoïciens, et le fortifier par de nouveaux raisonnements : ce qu'il fait dans plus d'un ouvrage, mais principalement dans celui qu'il a composé sur la Nature des dieux. Et certes , pour convaincre de fausseté l'opinion de trois ou quatre philosophes, il n'y a qu'à leur opposer le témoignage unanime des peuples et des nations entières, qui n'ont à l'endroit de la Divinité qu'une même voix et un même langage. Car quel est l'homme assez grossier, et dont l'esprit et les mœurs soient assez sauvages et assez brutales, pour qu'en levant les yeux au ciel, il ne soit pas convaincu de la nécessité d'une providence, quoiqu'il puisse ignorer quel est le Dieu qui la fait agir, lorsqu'il vient à contempler la disposition des corp^ célestes, leur mouvement, leur étendue, leur durée, leur utilité, leur éclat, leurs effets? Et il ne se peut pas qu'il ne conçoive en même temps que ce qui se maintient

dans un ordre si admirable, et se meut par des ressorts si justes , ne soit l'effet d'une cause encore plus excellente, et d'une sagesse qui ne peut être que celle d'un Dieu? Nous n*estimons pas d'ailleurs qu'il puisse y avoir un seul homme, s'il se sert de son esprit pour penser et de sa raison pour former un raisonnement , qui ne comprenne, par cet unique secours qu'il tire de la nature, qu'il n'y a qu'un Dieu qui soit l'auteur de toutes choses, et qui les conserve en vertu de la même puissance par laquelle il les a créées. Car quel besoin y a-t-il d'admettre plusieurs dieux? Est-ce qu'un seul n'a ni assez d'intelligence , ni assez de force pour un emploi si vaste et si pénible ? Et peu t-être que les forces de plusieurs , unies ensemble , pourront suppléer à la faiblesse d'un seul. C'est sans doute ce que s'imaginent ceux qui veulent établir la pluralité des dieux ; ils les croient faibles et incapables de soutenir un si pesant fardeau , sans le secours mutuel et charitable qu'ils reçoivent l'un de l'autre. Mais comment une telle puissance peut-elle s'accorder avec la nature de Dieu qui renferme en soi une puissance infinie? Il n'y a donc qu'un Dieu dont la puissance est sans bornes et la force sans faiblesse. Car cela seul peut être appelé infiniment stable, qui ne peut rien perdre, et infiniment parfait , qui ne peut rien acquérir. Qui doute qu'un roi à qui toute la terre serait soumise n'eût un pouvoir d'une plus grande étendue que si cet empire était partagé entre plusieurs rois? Il en sera de même de l'empire de l'univers, si on le partage entre plusieurs divinités. Or, comme il est certain qu'un pouvoir infini ne peut résider que dans un être qui est en toutes choses et en qui toutes choses sont, si la Divinité n'est unique, en qui trouvera-t-on ce pouvoir? Sera-ce dans des divinités subalternes, qui, le divisant entre elles, détruisent entièrement sa nature Ces petits dieux qu'on se figure n'auront en particulier qu'un pouvoir fort limité , parce qu'il manquera à chacun ce qui s^era dans tous les autres; et plus leur nombre sera

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grand, moins ils auront de pouvoir. Bien plus, cette souveraine puissance ne peut souffrir la moindre division; car tout ce qui peut être divisé, peut être altéré. Or Dieu étant incorruptible ne peut souffrir aucune altération : concluons donc que la puissance de Dieu, qui n'est point distincte de Dieu même, ne saurait être divisée. Et certes celui-là est dans une erreur grossière , qui ne peut s'imaginer qu'un corps d'une si grande étendue que le monde puisse être régi par un seul : il ignore l'im.mensité de la puissance divine, s'il croit que celui qui l'a créé sans aide ait besoin d'aide pour le gouverner. Mais peut-être voudra-t-on encore nous contester ce point. Un seul être, dira-t-on , n'a pu construire une machine composée de tant de ressorts si justes, et qui ne se dérangent jamais; assembler tant de différents corps pour n'en former qu'un ; les maintenir tous dans un accord admirable; y répandre tant d'ornements qui surprennent par leur variété et par la merveilleuse proportion qui se trouve entre eux ; il faut nécessairement que plusieurs aient mis la main à un si bel ouvrage. Et moi je soutiens qu'un seul être en est l'auteur. Imaginez dans vos dieux telle grandeur qu'il vous plaira ; multipliez-en le nombre à proportion du besoin que vous croyez en avoir pour un édifice si considérable ; supposez dans chacun d'eux autant de puissance, de vertu, de sagesse, de majesté, que vous voudrez : je réunirai tout cela dans un seul, et je vous soutiendrai, de plus, qu'il y en a en lui une infinité de fois plus qu'il n'est possible de le dire ni de le penser. L'esprit humain, en effet, n'a point d'idée, quelque élévation qu'il lui veuille donner, qui puisse représenter seulement l'ombre de cette divine intelligence : comment en pourrait-il soutenir l'éclat? La langue n'a point de parole, quelque énergique qu'elle soit, qui puisse expliquer le moindre des effets qui partent de cette divine puissance : comment en pourrait-elle exprimer l'étendue? Je sais qu'on peut encore nous opposer que tous '■es dieux, considérés chacun en particulier, son! aus.'^i

grands que le seul Dieu que nous reconnaissons : mais il n'est rien de moins juste que cette pensée; car il faut de toute nécessité que le pouvoir de ces dieux soit borné • de telle manière que si l'un d'eux veut tant soit peu étendre le sien, il ne le peut qu'il ne rencontre un des autres dieux et qu il ne le chasse du poste qu'il occupait. Or peut-on appeler divm un pouvoir qui se trouve enfermé dans de certaines limites? Quel dieu, à qui l'on prescrit, pour ainsi dire une sphère d'activité, hors de laquelle il ne lui est plus permis d'agir ! Mais ils ne prévoient pas, ces partisans de la plurahte des Dieux, qu'il peut arriver que ces Dieux se trouvent de sentiments opposés, comme il arriva en effet durant la guerre de Troie (du moins si nous en croyons Homère) • car les uns voulant la ruine de cette ville, et les autres au contraire la voulant sauver, ils en vinrent aux mains et ce différend pensa avoir de fâcheuses suites pour la céleste république. Les conséquences en seraient incomparablement plus dangereuses dans le gouvernement du monde Etvovez a quoi on serait réduit, et quel désordre ce serait dans la nature, si, par exemple, l'un de ces dieux, ayant destiné une certaine quantité de pluie bienfaisante pour arroser la terre et la rendre féconde au printemps, il prenait fantaisie a un autre dieu d'envoyer de la neige ? Il est donc constant que le monde ne peut être gouverné que selon la suprême volonté d'un seul , comme une armée ne saurait subsister que sous les ordres d'un seul général. Vouloir enfin admettre plusieurs dieux dans le gouvernement de l'univers n est pas moins contraire au bon sens et à la raison gue d introduire dans le corps humain plusieurs âmes pour conduire et régler les mouvements de ce petit monde iont la structure n'est peut-être pas moins admirable que :elle du grand : en sorte qu'une âme régirait les passions, une autre âme ferait agir les membres, chacun :.uivant les fonctions auxquelles il est destiné • celle-ci tppliquerait les sens à leurs objets , celle-là fournirait les esprits et les enverrait aux endroits où ils sont néces-

saires; une autre enfin ferait jouer tous les ressorts qui entretiennent la vie, et par où subsiste la machine. Si donc une âme seule peut gouverner le corps qu'elle anime, pourquoi ne veut-on pas qu'un Dieu puisse seul gouverner le monde qu'il a créé? D'ailleurs, si Ton prétend que tous ces dieux , dans l'exercice de leur emploi , reçoivent les ordres de l'un d'entre eux , qui soit comme leur chef, ce ne seront plus des dieux, mais les officiers et les ministres de celui qui leur commande , qui prescrit à chacuii ce que chacun doit exécuter, qui distribue les charges, qu; est celui à qui les autres obéissent. En un mot, si l'égalit( ne se rencontre point entre eux, la Divinité ne s'y trouv( pas davantage; car le commandement absolu exclut tout( obéissance, et le nom de Dieu est le nom d'une puissance absolue.

Les prophètes , dont le nombre n'est pas peu oonsid.^rable, ont tous annoncé un seul Dieu. Et ce qui doit donne à leur témoignage un caractère d'infaillibilité, c'est que par l'inspiration de ce même Dieu, ils ont tous prédit c qui devait arriver dans la suite des siècles, avec une uni formité capable de convaincre les moins crédules. Ceux qi font gloire de ne point déférer à la vérité soutiennent qu ces hommes divins ne méritent aucune créance, et que dans les oracles qu'ils ont rendus, ils ont moins été k organes de leur Dieu que les interprètes de leurs propi < pensées. Peut-être, parce qu'ils n'ont parlé que d'une sou Divinité , les veut-on faire passer pour des fanatiques o pour des imposteurs? Cependant, nous voyons que leui, prophéties s'accomplissent tous les jours ; et ce rappo merveilleux entre les prédictions et les événements, entre les paroles d'un prophète et celles d'un autre pw phète, nous fait assez connaître que ce n'est l'ouvrage i de la démence, ni de l'imposture. Et quelle plus grande t mérité que d'oser accuser ces hommes admirables d'avoj voulu imposer aux peuples, eux que Dieu n'avait pas sev lement envoyés pour publier son nom par toute la terrij

mais aussi pour en chasser l'injustice qui y régnait ! Mais, après tout , quel est le motif le plus ordinaire qui inspire le mensonge et qui fait les fourbes , sinon le désir qu'on a de s'élever dans le monde aux dépens de la crédulité des simples? Or, qui fut jamais moins attaché aux richesses et moins susceptible d'ambition que ces hommes de Dieu ? Ils se sont acquittés de leur ministère avec un si grand désintéressement, qu'ayant abandonné ce qu'une prévoyance raisonnable pouvait leur conseiller de se réserver pour le soutien de leur vie, ils l'ont attendu chaque jour de la main de Dieu, et, loin d'avoir acquis dans l'exercice de leurs fonctions des biens et des honneurs , ils n'y ont trouvé que des supplices et la mort. C'est le prix ordinaire dont les méchants payent la charité sincère des gens de bien, qui les reprennent de leurs désordres et qui leur veulent inspirer l'amour de la vertu : ils conçoivent en même temps de l'aversion pour la vertu et de la haine pour ceux qui leur en proposent les maximes. Ajoutons à cela que , parmi ces prophètes, il s'est trouvé des princes et des rois sur qui sans doute le soupçon d'une basse avarice ne tombera jamais , et qui, cependant , aussi bien que les prophètes d'un rang inférieur, ont enseigné l'unité de Dieu.

Mais n'insistons pas davantage sur cette preuve , quelque certitude qu'elle ait , puisqu'elle n'en a pas pour ceux qui se font un honneur de ne rien croire , et venons à leurs propres auteurs. Nous consentons même à les prendre pour juges, et nous ne les récuserons point, quoiqu'on veuille qu'ils ne nous soient pas favorables. Ces juges sont les poètes et les philosophes. Nous prétendons trouver dans leurs écrits des preuves de l'unité de Dieu ; et il faut avouer que l'éclat de cette vérité est si pénétrant qu'il n'y a point d'yeux, quelque fermés qu'ils soient par l'ignorance ou par la passion , qui ne soient forcés de s'ouvrir lorsqu'ils sont frappés de sa lumière.

Orphée , le plus ancien des poètes et contemporain des dieux ( puisqu'on dit qu'il se trouva sur le vaisseau des

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Argonautes avec Hercule, et les deux frères Castor et Puilux} , Orphée, dis-je, appelle Dieu <^ le premier né, » comme étant le principe de touteschoses. Il le nomme encore « celui qui a apparu, » parce qu'il est le premier qui soit sorti du néant; et comme ce poëte ne peut concevoir ni la véritable origine ni la véritable nature de Dieu, et ne voit rien de plus grand que l'air, ni qui ait plus deTapport avec l'immensité de Dieu, il le fait naître de cette vaste étendue de l'air. Il ajoute : que ce Dieu est le père de plusieurs autres dieux; qu'il a bâti le ciel pour leur servir de demeure, et pour rassembler autour de lui dans le même palais celte nombreuse et divine famille. Ainsi ce poëte théologien, conduit par le seul instinct de la nature et éclairé de ses seules lumières, comprit sans peine qu'il y avait un être suprême auteur des autres êtres : car il ne pouvait attribuer cette qualité à Jupiter, puisqu'il était fils de Saturne; ni à Saturne, puisque le Ciel passait pour son père; ni au Ciel même, qui ne faisant qu'une partie du monde et n'en étant qu'un élément , reconnaît nécessairement lui-même un principe. Cette suite de raisonnements conduisit enfin Orphée à l'existence de ce Dieu premier né, entre les mains duquel il mit un pouvoir universel sur toutes les créatures.

Pour Homère , il ne nous a rien laissé qui pût éclaircir cette question , ayant écrit les aventures des dieux d'une manière qui n'a nul rapport à la grandeur qu'on doit supposer dans des êtres si excellents , et qui sans doute convient mieux à la faiblesse des hommes qu'à la majesté de Dieu.

Il semblerait qu'Hésiode , qui a composé un hvre exprès sur cette matière, pourrait nous être utile dans la recherche que nous faisons; il faut cependant demeurer d'accord que son ouvrage ne nous peut fournir que de faibles preuves. Il le commence par la description du chaos, de cette masse informe, de cet amas confus de matière, sans nous apprendre en quel temps et de quelle sorte les parties de cette matière première se sont trouvées unies

ensemble. Car, comme toutes choses doivent avoir reçu leur disposition et leur arrangement de la main de quelque excellent ouvrier, il faut nécessairement que la matière ait reçu son existence de quelque être supérieur; et quel autre que Dieu peut lui avoir donné cette existence? Mais Hésiode n'entre point dans cette pensée; il ne saurait goûter une vérité qui lui est inconnue ; et il parait bien que lorsqu'il monta sur le Parnasse pour y composer son poëme , il l'avait médité à loisir et que les Muses (comme il voudrait nous le faire croire) ne le lui inspirèrent jamais.

Virgile, le premier de nos poètes latins , s'est beaucoup moins éloigné de la vérité, lorsqu'il parle ainsi de Dieu :

Au commencement le ciel, la mer et les globes célestes furent comme animés d'un souffle de vie; tout reçut le mouvement de l'Esprit , qui se répandit et se mêla dans toutes les parties de l'univers.

Et, pour ne laisser aucun doute touchant la nature de cet Esprit, auquel il attribue une puissance si universelle , il dit nettement en un autre endroit :

Que Dieu remplit la terre, la mer et l'immense étendue de l'air, et que tous les animaux qui vivent au milieu de ces éléments tiennent de lui l'être et la vie.

Ovide, dès le début de son excellent livre des Métamorphoses, avoue que le monde est l'ouvrage de Dieu, qu'il appelle en plus d'un endroit :

Le Créateur du monde, et l'auteur de toutes choses.

Mais laissons là les poètes , et consultons les philosophes , dont l'autorité doit avoir plus de poids , et le témoignage plus de certitude, puisqu'on est persuadé qu'ils ne s'occupent pas, comme les poètes, à embellir le mensonge, mais que leur unique étude est la recherche de la vérité.

Thaïes de Milet , qui fut un des sept sages de la Grèce,

et qu'on croit avoir été le premier qui ait traité des causes naturelles, fait naître toutes choses de l'eau; il soutient que Dieu s'est servi de cet élément pour les former. Ainsi , suivant cette opinion, l'eau est la matière, et Dieu est l'agent qui l'a mise en œuvre.

Dieu, selon Pythagore, est une âme qui anime toutes les parties de ce grand univers, qui est répandue partout, et qui donne la vie aux animaux et l'être à tout ce qui existe.

Anaxagore veut que Dieu soit une intelligence infinie , qui a en soi le principe de tout mouvement.

Anllîisthène laisse aux peuples ses dieux; mais il n'en reconnaît qu'un , qui est l'auteur de la nature.

Cléante et Anaximène croient que cette partie de l'air , la plus pure et la plus voisine du ciel, est Dieu même. A quoi Virgile notre poète semble faire allusion , lorsqu'il dit que :

L'air, qui est le Père tout-puissant, descend dans le sein de la Terre son épouse par des pluies qui la rendent féconde; et que, s'insinuant par tout cet élément, il y forme les germes, les fait croître, et les nourrit.

Chrysippe veut que Dieu soit une vertu naturelle, excitée et comme animée par un esprit divin. Quelquefois il nomme Dieu une nécessité divine.

Zenon l'appelle une « loi divine et naturelle. » Tous enfin, dans une diversité apparente de sentiments, conviennent qu'il y a une Providence. Car que ce soit ou la nature , ou un air subtil , ou une souveraine raison , ou une intelligence, ou une nécessité fatale, ou une loi divine , ou telle autre chose qu'il leur plaira d'imaginer , c'est ce que nous appelons Dieu. Et qu'importe que tous ces noms soient différents , s'ils rappellent les esprits à une même notion , et s'ils y forment la môme idée?

Quoique Arislotene soit pas toujours d'accord avec luimême, et que ses opinions se combattent quelquefois, il marque en ceci une conformité toujours égale, et sans

jamais varier il confesse qu'il n'y a qu'une seule et unique intelligence qui gouverne le monde.

Platon , qui est estinjé le plus sage et le plus éclairé des philosophes, établit clairement un seul gouvernement monarchique dans l'univers; et, sans se servir des noms d'air, de raison ou de nature, il appelle Dieu souverain monarque, et il le fait auteur de ce grand et admirable ouvrage.

Cicéron, qui le suit et l'imite en plus d'un endroit, rend souvent témoignage à l'unité de Dieu : et dans son Trmté des lois il ne fait point de difficulté de le nommer l'Être suprême. Il se sert même de cet argument pour prouver que le monde est gouverné par ce premier de tous les êtres : c'est dans le livre de la Nature des dieux : « Il n'y a rien, dit-il, de plus grand, rien de plus excellent que la nature divine ; par conséquent il n'y a que cette divine essence qui ait droit de posséder l'empire souverain sur toutes Tes créatures : elle seule est indépendante ; donc tout doit dépendre d'elle. » C'est ce qu'il confirme encore, dit-il , par la définition qu'il donne de la Divinité. » Le Dieu , que nous concevons , est uii esprit libre , dégagé de toute matière, immortel, qui connaît tout, et qui donne le mouvement à tout. »

Enfin Sénèque, stoïcien déterminé s'il en fut jamais, et dévoué entièrement aux opinions du Portique, ne rendil pas à Dieu en mille rencontres la gloire qui lui est due. Venant à parler de la mort qui arrive dans un âge peu avancé : « Vous ignorez, dit-il à un de ses amis, quelle est la grandeur et la majesté de votre juge ; sachez qu'il a un pouvoir absolu sur les hommes, et qu'il est le maître des dieux. « Et ailleurs : « Lorsque Dieu voulut jeter les premiers fondements de cet édifice merveilleux, qui surprend encore tous les jours nos yeux et nos esprits , il créa des dieux , qu'il fit ses ministres dans la conduite de ce vaste empire; et quoiqu'il fût présent partout, il trouva bon d'étabUr divers départements et d'assigner à chacun

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une portion de l'univers, qu'il confia à son administration et à ses soins. » Ce philosophe parle le même langage que nous en plusieurs endroits de se^ ouvrages. Mais nous l'écouterons encore autre part; qu'il suffise présentement d'avoir montré que les plus grands hommes et les génies les plus sublimes de la savante Grèce et de la sage Italie ont approché de la vérité ; et ils l'eussent sans doute vue dans toute son évidence, si le malheur de leur naissance ne les eût engagés dans des opinions fausses, quoique établies par la coutume , par une longue suite d'années , et par le consentement des peuples. C'est sur la foi dt; ces opinions trompeuses qu'ils ont cru qu'il y avait d'autres dieux que celui qu'ils reconnaissaient pour le premier et le plus ancien de tous ; et qu'attribuant des qualités divines à diverses choses qui servent à l'entretien de la vie des hommes , ils en ont fait des Divinités, et leur ont offert avec de l'encens leurs vœux et leurs hommages. Venons maintenant aux preuves divines : mais, avant que d'en montrer la certitude et l'évidence, examinons-en une qui n'est pas à mépriser, soit à cause de son ancienneté qui l'a en quelque sorte consacrée , soit parce que celui qui nous la doit fournir a été mis lui-même au rang des dieux. Nous lisons donc dans Cicéron, que le souverain pontife Cotta, disputant de la religion contre les stoïciens et expliquant les divers sentiments qui partagent les philosophes touchant le nombre et la nature des dieux, dit que l'antiquité avait reconnu cinq différents Mercures : et, après avoir raconté l'histoire des quatre premiers, il vient aux aventures du cinquième. Ce fut celui qui, ayant tué Argus, chercha dans l'Egypte un asile contre le ressentiment de Junon. Pendant le séjour qu'il y fit, il communiqua aux Égyptiens la connaissance des lettres , et leur dicta des lois; et ces peuples par reconnaissance donnèrent son nom au premier mois de l'année, bâtirent en sa mémoire une ville que les Grecs appellent encore aujouid'hui Hermopolis , et lui rendirent tous les honneui^

qu'on ne rend qu'à la Divinité. Quoique ce prétendu dieu des Saïtes ne fût en effet qu'un homme, ce fut un homme extraordinaire : il rassembla en lui tout ce que la nature . et l'art peuvent produire de lumières, et il posséda dans un degré si éminent les connaissances acquises et infuses , qu'elles lui méritèrent le glorieux nom de Trismégiste, c'est-à-dire trois fois grand. Il écrivit plusieurs livres sur les choses qui concernent la religion. Là il établit la grandeur, la souveraine puissance et l'unité de Dieu , et il lui donne , comme nous , le nom de Dieu et de Père. Mais afin de réprimer la curiosité peu religieuse de ceux qui voudraient savoir son véritable nom , il soutient qu'il n'en doit point avoir à cause de son unité. Car voici ses propres termes : « Dieu est un ; or, ce qui est un n'a pas besoin de nom : Dieu est celui qui est , voilà son nom. Dieu est donc sans nom parce qu'il est seul , et que les noms ne sont nécessaires que lorsqu'il y a pluralité ; ils ne servent enfin qu'à empêcher la confusion qui se rencontrerait entre plusieurs, si l'un n'était pas distingué de l'autre par un nom particulier. »

Il faut actuellement parler des livres que les sibylles ont laissés ; nous y trouverons , touchant la vérité que nous voulons établir, des preuves plus certaines et qui ne seront pas sujettes aux défauts de celles que nous avons produites jusqu'ici ; car nos adversaires refuseront peutêtre d'ajouter foi aux poètes, parce que la perfection de leur art consiste à feindre et à rendre le mensonge vraisemblable , et ils ne croiront pas non plus devoir déférer à l'autorité des philosophes , parce que les philosophes étant des hommes , ils peuvent se laisser surprendre à l'erreur ou à l'apparence.

Varron , qui pour sa profonde érudition ne vit personne parmi les Grecs qui ne lui cédât , ni personne parmi les Romains qui osât l'égaler, ce savant homme, dis-je, dans son Traité des choses divines qu'il adresse à Caïus César, souverain sacrificateur, venant à parler des

fonctions des quindécemvirs, qui sont préposés à la garde des livres sibyllins , prétend que ce nom ne fut pas donné à ces livres sacrés pour avoir été l'ouvrage d'une seule sibylle. Il remarque que les anciens ayant ainsi nommé toutes les femmes qui paraissaient remplies de l'esprit de prophétie ou agitées de la fureur poétique, tout ce que ces femmes inspirées prononçaient reçut le nom d'oracles sibyllins, tandis qu'elles-mêmes recevaient celui de sibylles , ou du nom de la sibylle qui prophétisait à Delphes, ou plutôt parce qu'elles passaient pour être les interprètes des volontés divines, le nom de sibylle étant composé de deux mots qui signifient, en langue éolienne , les desseins des dieux. On compte d'ailleurs dix sibylles , et Varron rapporte leurs noms sur la foi des auteurs qui en ont parlé : la première parut en Perse : Nicanor, qui a écrit l'histoire d'Alexandre, en fait mention ; la seconde , selon Euripide, dans son prologue de Lamia , était originaire de Lybie ; la sibylle de Delphes, au rapport de Chrysippe, dans son 2'raiié sur la divination était la troisième ; celle de Cumes était la quatrième : le poète Neevius et l'historien Pison en parlent l'un dans son poème de la guerre de Carthage et l'autre dans ses annales. L'Érythréenne fut la cinquième ; Apollodore d'Erythrée la fait citoyenne de la même ville que lui. Ce fut elle qui , voyant partir les Grecs pour Troie , leur prédit la ruine de cette ville, et dit qu'Homère composerait un poëme qu'il remplirait de fictions et de mensonges. Samos donna son nom et la naissance à la sixième; les Annales de cette île par Ératosthène en conservent le souvenir. La Cumane, nommée Amalthée par Damophile et par Hérophile, est la septième; cette sibylle, si célèbre dans l'histoire romaine, vivait sojis le règne du premier des Tarquins ; elle lui apporta un jour neuf volumes, dont elle lui demanda trois cents pièces d'or. Le roi, indigné de la hardiesse de cette femme, ou étonné de sa folie, ou plutôt effrayé de la grandeur du prix qu'elle mettait à ses hvres,

la rebuta; mais elle, sans s'émouvoir, brûla trois de ces volumes, et demanda la même somme pour les six qui restaient; Tarquin, surpris et irrité tout ensemble d'un procédé si nouveau , la traita encore plus rudement , ce qui l'obligea à en briller trois autres. Le roi, ému de crainte , et peut-être touché de curiosité , voyant qu'elle persistait toujours à demander les trois cents pièces d'or, ordonna de les lui compter sur l'heure, et fit placer dans le Capitole les trois livres qui avaient été sauvés du feu et de l'avarice de la sibylle. Leur nombre fut dans la suite beaucoup augmenté de ceux que plusieurs villes de Grèce et d'Italie envoyèrent à Rome; et on rassemblait avec soin tout ce qui portait le nom de sibyllin, ou qui paraissait en avoir le caractère. La huitième sibylle fut nommée l'Hélespontique ; elle était née dans les champs de Troie , au bourg de Marpesse, près de la ville de Gergithium ; elle prophétisa sous le règne de Cyrus , et du temps de Solon , si nous en croyons Héraclide. La neuvième était de Phrygie , et publia ses prophéties à Ancyre. La dixième et dernière fut la Tiburtine ; elle se nommait Albunée, et on lui avait dressé un autel sur le bord de l'Anio. On dit même que son image tenant un livre à la main fut trouvée au fond de ce fleuve, et que le sénat ordonna qu'elle fût transférée au Capitole pour y recevoir les honneurs divins.

Les livres des sibylles sont entre les mains de tout le monde , hors ceux de la sibylle de Cumes , dont les Romains font un grand mystère ; car il n'est permis qu'aux quindécemvirs , dont nous avons parlé , de les voir et de les lire. Chacun de ces livres est appelé le Livre de la sibylle , sans que l'on puisse bien discerner de laquelle des dix chaque livre est en particulier ; la seule sibylle d'Erythrée se nomme au commencement du sien ; elle déclare que , quoiqu'elle soit née à Babylone , elle prend toutefois le nom d'Erythréenne. Elle rendit ce nom célèbre dans la suite par la noblesse de ses expressions et

par la sublimité des choses qu'elle prédit ; car quoique ses autres compagnes aient publié d'une commune voix l'unité de Dieu , celle-ci le fait d'une manière plus relevée et plus digne de la majesté de celui qu'elle annonce. Voici ce qu'un auteur très-exact , Fenestella , rapporte d'elle au sujet des quindécemvirs : il dit que le Capitule ayant été rebâti sous le consulat de Gurion, après un incendie qui n'en avait laissé que des ruines, ce premier magistrat de la République proposa au sénat d'envoyer à Erythrée quelques personnes de considération pour rechercher les livres de la sibylle et les faire transporter à Rome. Le sénat députa pour cet effet trois personnes connues par leur probité , qui revinrent chargées de mille vers qu'elles avaient eu soin de tirer de l'original avec beaucoup de fidélité et d'exactitude. Varron raconte la chose dans les mêmes termes. Voici donc de quelle manière cette sibylle parle de Dieu dans ses vers :

Il n'y a qu'un Dieu , dont la grandeur est infinie et l'essence incréée.

Dieu est seul, infiniment élevé au-dessus des autres êtres : il a créé le ciel et les astres, la terre et les arbres qu'elle porte ; la mer et les eaux qui s'y précipitent.

Peuples, adorez ce Dieu, qui est unique, rendez-lui l'honneur qui lui est dû comme au maître du monde; il est seul de toute éternité, et il sera seul dans toute l'éternité.

Une autre sibylle fait parler Dieu de cette sorte :

Je suis le Dieu unique, et il n'y en a point d'autre que moi.

Ces témoignages doivent suffire pour notre dessein; mais l'occasion se présentera peut-être d'en parler encore; et nous achèverons alors de rapporter les témoignages des autres sibylles. Au reste, puisque nous avons entrepris de défendre la vérité contre ceux qui la combattent sans la connaître, et qui, fuyant la lumière de la véritable religion aiment à demeurer dans les ténèbres de celle où ils sont nés, de quelles plus fortes preuves pour-

rions-nous faire usage pour les détromper , que de celles que leurs propres dieux nous fourniront ?

Apollon, celui de leurs dieux qu'ils croient le plus éclairé et le plus savant dans la connaissance des mystères , ayant quitté Delphes pour venir demeurer à Colophon, dont l'agréable séjour l'avait charmé, un jour que quelqu'un l'interrogeait touchant la véritable essence de Dieu , lui répondit ainsi :

Il est né de lui-même; il ne doit point à une mère la vie dont il jouit, ni à un maître la science qu'il possède; nulle langue ne peut exprimer son nom : le feu est sa demeure : voilà quel est Dieu. Pour nous autres anges, nous ne sommes qu'une portion de la Divinité.

Ces paroles peuvent-elles s'entendre de Jupiter? Est-il sans mère et sans nom , et l'un et l'autre ne sont-ils pas connus? Mercure Trismégiste, dont nous avons précédemment rapporté le témoignage, développe encore davantage cette réponse d'Apollon; il ne se contente pas, comme lui, de ne point attribuer de mère à Dieu , il ne lui attribue pas même de père, parce qu'il est lui-même son principe. Et en effet celui qui donne la vie à toutes choses , la peut-il recevoir d'un autre ?

C'est donc une proposition d'une éternelle vérité qu'il n'y a qu'im Dieu, qu'ww Père, et qu'w» Maître. Et nous croyons l'avoir jusqu'ici suffisamment prouvé, soit en y employant la force du raisonnement, soit en produisant, pour l'appuyer, une foule de témoins qui ne doivent pas être suspects à nos adversaires, puisqu'ils appartiennent au même parti qu'eux. Mais peut-être quelqu'un nous adressera-t-il la même question que Cicéron met dans la bouche d'Hortensius : « Si Dieu est seul, de quelle félicité peut-il jouir dans une si triste solitude ? » Il est vrai que Dieu est seul, mais il n'est pas vrai qu'il soit solitaire comme on se l'imagine, ni relégué, pour ainsi dire, dans le fond d'un désert. Il a sa cour , il a ses ministres que nous appelons ses anges; et c'est la pensée d'un philosophe, laquelle nous

avons alléguée en un autre endroit : « Dieu, dit 5énèque , a créé de purs esprits pour être ses ministres dans le gouvernement du monde. Mais ces ministres ne sont pas des dieux, et ne veulent point passer pour tels. Ils n'ont garde d'accepter des autels, ni de demander des sacrifices. Toute leur gloire consiste dans la prompte obéissance qu'ils rendent aux ordres du Tout-Puissant. » Qu'on ne présume donc pas que ces esprits soient les fausses divinités que le peuple adore : quoique, après tout, il nous soit fort indifférent qu'on ail cette pensée, elle ne peut avoir aucune force contre nous, puisque l'unité que nous reconnaissons en Dieu exclut toute pluralité. Qu'ils s'informent du moins, ces adorateurs des faux dieux , quel nom ils peuvent leur donner sans crime. Qu'ils sachent qu'on viole le respect qu'on doit à Dieu, lorsqu'on donne à plusieurs un nom qui ne peut appartenir qu'à un seul ; et que ce grand Dieu ne communique à personne ni son nom ni sa puissance. Qu'ils apprennent de leur Apollon ce qu'ils doivent croire de Jupiter et des dieux qui sont moindres que lui. Il leur enseignera, par son oracle, que Jupiter n'a pas plus de part à la puissance souveraine que les autres dieux à la nature divine , et que de simples esprits ne sont pas des dieux, mais les hérauts ou tout au plus les ministres du vrai Dieu. Ce n'est pas que dans cet oracle votre Apollon ne soit un imposteur lorsqu'il parle de lui-même; car, n'étant qu'un mauvais démon, il a pourtant l'audace de se mettre au nombre de ces bienheureuses intelligences que Dieu appelle ses anges. Il est vrai qu'il se rend quelquefois justice, ou plutôt que la force delà vérité l'oblige à confesser malgré lui qu'il est un esprit impur. C'est ce qu'il fit dans cette autre réponse, qu'il rendit à ceux qui lui demandaient la manière dont il voulait être invoqué, et dans la formule de prières qu'il leur prescrivit :

0 vous qui savez tout, qui connaissez tout, vous qui êtes pi-éseot partout, exaucez nos vœux, ô démon.

En donnant le modèle d'une autre prière qu'il veut qu'on lui adresse , il la commence par ces mots :

Lucifer, qui avez formé cette belle harmonie qui unit ensemble toutes les parties de l'univers, sage démon, etc.

Il se condamne donc lui-même par sa propre bouche, et demeurant d'accord qu'il est Lucifer, ce fameux rebelle, qui, dès le commencement du monde, se révolta contre son créateur, il est en même temps contraint d'avouer qu'il mérite la peine qui est due à son crime. C'est ce qu'il confesse -nettement dans un autre de ses oracles :

Les démons qui habitent sur la terre , et ceux qui parcourent les campagnes liquides, gémissent sous la pesanteur des coups que le bras de Dieu fait tomber sur eux sans relâche.

Nous traiterons ailleurs de ces deux espèces de démons. 11 nous suffit pour le moment d'indiquer que lorsque Apollon se veut honorer lui-même et se placer dans le ciel de sa propre autorité , il nous apprend que nous devons donner le nom d'anges à ces substances spirituelles qui environnent le trône de Dieu.

Que les hommes ouvrent donc enfin les yeux, qu'ils renoncent à leurs anciennes erreurs , et que, sortant des ténèbres d'un culte faux et profane, ils se laissent conduire, à la faveur d'une plus pure lumière , à la connaissance de leur Dieu , de leur Père. Mais qu'ils sachent que quelques efforts que fasse l'esprit humain, quelle que soit son élévation naturelle , dé quelque ■ pénétration qu'il se glorifie, il se trouvera toujours accablé de la puissance de Dieu lorsqu'il en voudra mesurer l'étendue , ébloui de sa majesté s'il la veut regarder trop fixement, et arrêté tout court s'il prétend remonter jusqu'à la connaissance de son origine.

On ne peut sans doute résister à la force et à la multi-

4S2 DEUXIÈMK PARTIE :

titude des preuves que nous venons de rapporter, ni douter un seul instant que le monde ne soit régi par un pouvoir absolu, et par une providence infiniment sage, qui n'est autre chose que Dieu même. Platon, étonné des splendeurs de cette majesté, et considérant qu'elle doit être la force et la vertu qui. donne le mouvement et la vie à tous les êtres , avoue , dans son Thnée , que l'esprit ne saurait comprendre, ni la parole exprimer tant de grandeur et de puissance. Après cela, qui osera seulement penser qu'il y ait rien, je ne dis pas de difficile, mais d'impossible à Dieu , à ce Dieu qui , ayant formé dans son entendement le dessein et le plan de tant d'ouvrages merveilleux, les a produits au dehors par sa puissance, et les a perfectionnés par sa parole? Sa sagesse les gouverne, son esprit y maintient l'ordre, sa bonté les conserve; et, quoique nos yeux soient témoins de ces miracles, ces miracles demeurent toujours incompréhensibles et toujours ineffables. Car Dieu ne peut être parfaitement connu que de luimême.

(Lactance. Institutions divines, liv. I", ch. v»vin.)

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