‹ Lectures scientifiques. Extraits de mémoires originaux et d'études sur la science et les savants. Physique et chimieChapitre 30 sur 120 · Mabiotte, Œuvres : Ti^aité du mouvement des eaux, p · texte numérisé non relu

Mabiotte, Œuvres : Ti^aité du mouvement des eaux, p

1** Le mouvement de la terre d'occident en orient, ou, si Ton n'admet point cette hypothèse *, celui du ciel de Forient à l'occident ;

2<* Les vicissitudes des raréfactions de l'air par la chaleur du soleil et de ses condensations lorsque le soleil cesse de l'échauffer;

3** Les vicissitudes des élévations de la lune vers son apogée et de ses descentes vers son périgée.

Parmi les causes particulières, il cite la chute des grosses pluies, des grêles épaisses et les soudaines fontes de neige dans les hautes montagnes.

Belles connaissances que donnent les observations des hauteurs du mercure dans le baromètre, (P. 159.)

Les observations des hauteurs différentes où le mercure se met dans le baromètre, nous peuvent donner plusieurs belles connaissances. Celle qui me semble la plus considérable est de pouvoir connaître fort souvent quel est le vent qui règne dans l'air, et de prévoir quel temps il doit faire le lendemain et deux ou trois jours après.

Les baromètres ordinaires de verre dont on se sert pour cet effet ont leurs tuyaux et leurs petits vaisseaux d'une seule pièce; ils sont si communs qu'il n'est pas nécessaire d'en faire ici la description.

J'ai fait quantité de ces observations à Paris pendant plusieurs années, et j'en ai fait faire en même temps quelques-unes à Loches, au Mont-de-Marsan, à Dijon, etc., desquelles j'ai tiré les maximes suivantes.

Lorsqu'un vent de sud ou de sud-ouest a soufflé quelques jours, et qu'il survient un vent de nord ou de nord-

1. On voit par cette phrase que l'opinion de Copernic et de Galilée n'était pas encore universellement admise. — On observe la même réserve dans le livre des Principes de Newton. — J. G.

est, le mercure s'élève de sept ou huit lignes plus haut qu'il n'était et se met à 28 pouces ou à 28 pouces et quelques lignes, et il fait ordinairement beau temps.

S'il survient un vent de sud ou de sud-ouest après un vent d'est, ou d'est-nord-est, le mercure descend jusqu'à 27 pouces 4 lignes, et quelquefois jusqu'à 27 pouces ou 26 pouces 10 lignes, et il se fait alors ordinairement de grandes pluies. Il arrive quelquefois que le sud et le sud-ouest ayant poussé beaucoup d'air et de nuées vers les parties du nord et du nord-est, il se fait un reflux d'air qui fait le nord ou le nord-est; ces vents ramènent les nuées et, les pressant, il se fait une pluie continuelle pendant un jour ou deux.

Lorsque les vents du nord et du nord-est cessent, l'est règne souvent ensuite, et le sud et le sud-ouest lui succèdent.

explications de ceiHains effets et mutations des vents.

Voici comment on peut expliquer ces effets et ces mutations des vents.

Supposant le mouvement de la terre, l'air qui est proche de l'équateur doit suivre son mouvement, mais un peu moins vite, et c'est de là que procède qu'on sent presque toujours un vent d'est en ces quartiers-là : mais vers les tropiques et à 10 ou 12 degrés au delà,la surface de la terre ne va pas si vite que l'air qui est sous la ligne, et il arrive quelquefois qu'une partie de cet air échauffé va de ce coté-là et fait un sud-ouest, ou un ouest, de la même manière que l'eau d'une rivière qui va fort vite dans son milieu pousse des vagues à côté, de part et d'autre, qui ne suivent pas sa direction, mais elles vont obliquement du côté du rivage, et même quelquefois en un sens opposé. Lorsque ces vagues cessent, et que les vents du nord, et du nord-est ont fait leur reflux dans les zones tempérées, il s'y fait ordinairement un vent

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d'est, parce qu'il n'y a point alors d'autre mouvement dans l'air que celui qui se fait par le mouvement de la terre, la même chose doit arriver vers l'équateur.

Le sud et le sud-ouest succèdent ordinairement à l'est dans les zones tempérées, et particulièrement en France, parce qu'il vient de nouvelles vagues de l'air qui est vers l'équateur. Mais cet ordre est quelquefois changé, parce qu'il y a d'autres causes qui produisent les vents, dont les principales sont les éruptions des exhalaisons et des vapeurs de la terre, le mouvement de la lune, la condensation de l'air par le froid et sa dilatation par la chaleur, etc.

Le nord et le nord-est font ordinairement élever le mercure des baromètres, non seulement parce qu'ils rendent l'air plus pesant en le condensant, mais aussi parce qu'en soufflant contre la terre de haut en bas, et pressant l'air par ce moyen, ils augmentent son ressort ; ce qui fait élever le mercure ; et comme le nord-est amène ordinairement le beau temps en France, on juge par cette élévation qu'il doit faire beau temps....

On pourrait mieux déterminer ces choses, si on conférait * ensemble plusieurs observations faites en même temps en des lieux fort éloignés les uns des autres.

L'étude de la dissolution de l'air dans Teau dénote un observateur d'une rare sagacité.

Troisième propriété de l'air qui est de sHnsinuer et de se dissoudre dans Veau et plusieurs liqueurs. (P. 163.)

La troisième propriété de l'air est qu'il s'insinue et se dissout en quelque façon dans l'eau et dans plusieurs autres liqueurs ; ce qu'on connaît par l'expérience suivante, que j'ai faite plusieurs fois avec grand soin.

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