DENIS PAPIN
L'invention de la machine à Tapeur.
L'invention de la machine à vapeur forme une transition naturelle entre Fétude de la pression atmosphérique et celle de la chaleur. C'est en effet en cherchant à reproduire facilement les merveilleux effets de la pression atmosphérique, mis en évidence par les célèbres expériences de Magdebourg *, que Denis Papin a été conduit à imaginer l'appareil qui est regardé par Arago et par tous ceux que la passion n'a pas aveuglés comme le germe véritable de notre machine à vapeur. Cet appareil, qu'il ne faut pas confondre, comme on le fait quelquefois, avec le Digesteur ou Marmite de Papin, réalise en effet pour la première fois le mouvement alternatif d'un piston dans un corps de pompe, par l'effet combiné de la pression atmosphérique et de la force élastique de la vapeur. C'est donc bien, nous le répétons, le germe de notre machine à vapeur; et on
1. Otto de Guéricke (1002-1686), inventeur de la première machine électrique et de la machine pneumatique, mit en évidence les effets de la pression atmosphérique dans des expériences faites à Magdebourg, en 4650, puis répétées à Ratisbonne, devant la Diète, en 4654. — Elles sont décrites dans son livre : Experinienla nova, ut vocanl MagdehUrgica, de vdctlo spalio, etc. Amsterdam, 1672. — J. G.
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en lira avec intérêt la description — l'a-cte de naissance en quelque sorte — dans le texte même de Papin.
Denis Papin est né à Blois en 1647. Fils d'un médecin, il étudia la médecine à l'université d'Angers où il fut reçu docteur en 1669. 11 vint alors à Paris et s'y lia avec Huyghens. 11 y publia son premier livre : Nouvelles expériences pour faire le vide^ 1674, puis il se rendit à Londres, où il se lia avec R. Boyle et fut nommé en 1681 membre de la Société Royale de Londres. Il a perfectionné la machine pneumatique; c'est lui qui a imaginé les deux corps de pompe et la platine. Il publia à Londres la description de son Digesteur, (Manière d'amollir les os et de faire cuire de la viande en peu de temps et à peu de frais, Londres, 1681.)
De retour à Paris, il en fut bientôt chassé — Papin était protestant — par la révocation de l'Édit de Nantes (1685). Il retourna alors en Angleterre, puis fut appelé à la chaire de mathématiques de l'université de Marbourg, dans la Hesse. Ses mémoires se trouvent dans les Transactions philosophiques de Londres et dans les Acta eruditorum de Leipsig. C'est dans ce dernier recueil que parut en 1690, en latin, la description de la première machine à vapeur. Une traduction française parut à Cassel en 1695. Il avait gardé des amis en France et fut nommé, en 1709, correspondant de l'Académie des sciences. La fin de sa vie est restée obscure. On croit qu'il est mort à Marbourg vers 1714.
On consultera avec fruit sur l'histoire de la machine à vapeur, les ouvrages suivants : 1<» la célèbre notice d'ARAco (Notices scientifiques^ t. II, p. 1-116); — 2^ rHistoire des découvertes scientifiques de Figuier ; — 3° VHistoire de la machine à vapeur^ par Thurston, trad. de Hirsch ; — 4*^ enfin, une série d'articles remarquables de M. de L apparent dans le Correspondant, réunis en un volume chez Savy : le Siècle du Fer.
La machine à vapeur de Papin^ d'après le << Recueil de diverses pièces touchant quelques nouvelles machines », Cassel, 1695, p. 38 et âuiv. — Recueil français, qui est la traduction du mémoire latin publié en 1690 dans les Acta eruditorum, Leipsig.
On a fait divers essais pour tâcher de faire un vide exact par le moyen de la poudre à canon : car de cettfe