Journal des Savants, juillet
274 l'optique.
J'écrivis ce Traité pendant mon séjour en France, il y a douze ans, et je le communiquai en Tannée 1678 aux personnes sçavantes qui composaient alors F Académie Royale des Sciences, à laquelle le Roy m'avait fait Thonneur de m'appeler. Plusieurs de ce corps qui sont encore en vie pourront se souvenir d'avoir été présents quand j'en fis la lecture, et mieux que les autres ceux d'entre eux qui s'appliquaient particulièrement à l'étude des mathématiques, desquels je ne puis plus citer que les célèbres Messieuris Cassini, Romer et de la Hire. Et quoyque depuis j'y aye corrigé et changé plusieurs endroits, les copies que j'en fis faire dès ce temps-là, pourraient servir de preuve, que je n'y ai pourtant rien ajouté, si ce n'est des conjectures touchant la formation du cristal d'Islande et une nouvelle remarque sur la réfraction du cristal de roche....
(A la Haye, le 8 janv. 1690.)
<i Ce travail suffirait à Huyghens, dit avec raison Poggen* dorff *, pour lui assurer l'immortalité; et cependant, par une étrange injustice, il resta méconnu jusqu'au moment où un homme de génie, Fresnel, soutenu par Arago, après avoir livré un rude assaut contre les newtoniens, Biot et Poisson, remporta sur ses adversaires la plus brillante victoire, et justifia en même temps de la manière la plus complète la théorie de Huyghens. »
Huyghens mourut en 1675 à la Haye. S'Gravesande a donné en 47518 à Leyde une bonne édition de ses œuvres. Les papiers de Huyghens avaient été légués par lui à la bibliothèque de Leyde. Uylenbroek les examina en 1833, et en signala l'extrême intérêt, en en faisant connaître une partie. La Société hollandaise des sciences a entrepris la publication des œuvres complètes de l'illustre savant. Le premier volume, contenant sa correspondance de 1638 à 1656, a paru en 1888, à la Haye, chez Martinus Nyhoff. Le Traité de la Lumière en français a été publié de nouveau à part, chez Gressner et Schramm, à Leipsick. (1 vol. in-4 de 132 pages), avec un portrait de Chr. Huyghens.)