AIMANTATION PAR LES COURANTS. 45Î
Dans un autre essai je pliai le fil de cuivre en hélice, de droite à gauche, sur une longueur de 5 centimètres; ensuite de gauche à droite, sur une longueur égale ; puis enfin, une seconde fois, de droite à gauche : ces trois hélices étaient séparées par des portions rectilignes du même fil.
Un seul et même fil d'acier, suffisamment long, de plus d'un millimètre de diamètre, et enveloppé d'un tube de verre, fut placé dans les trois hélices à la fois. Le courant galvanique, en parcourant les spires de ces diverses hélices , aimanta les portions correspondantes du fil d'acier, comme si elles avaient été séparées les unes des autres. Je remarquai, en effet, qu'à l'un des bouta se trouvait un pôle nord ; à 5 centimètres de distance, un pôle sud ; plus loin un second pôle sud suivi d'un pôle nord ; enfin un troisième pôle nord, et à 5 centimètres de là ou à l'autre extrémité de l'aiguille, un pôle sud. On pourrait donc, par cette méthode, multiplier à volonté ces pôles intermédiaires que les physiciens ont désignés par le nom de points conséquents. {Collection de mémoires publiés par la Société Française de physique, t. Il, p. 55.)
Quelques jours après la découverte de Taimantation par les courants, Davy arrivait à Londres au même résultat. Il les raconte ainsi dans une lettre à WoUaston du 12 novembre 1820,
En répétant les expériences de M. OErsted avec un appareil voltaïque de 100 paires de plaques de 4 pouces, j'ai trouvé que le pôle sud d'une aiguille aimantée (suspendue à la manière ordinaire), placée sous le fil conjonctif en platine (l'extrémité positive de l'appareil étant à droite), était fortement attiré par le fil et restait en contact avec lui, l'action étant assez forte pour changer la direction de l'aiguille et vaincre l'effet du magnétisme terrestre. Ce fait ne pouvait s'expliquer qu'en supposant que le fil devient lui-même magnétique pendant qu'il est traversé
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par réleclricilé, et j*ai cherché immédiatement à prouver, par des expériences directes, que c'était bien, en eflFet, le cas. Je répandis de la limaille de fer sur du papier et en approchai le fil conjonctif : la limaille fut immédiatement attirée et adhéra au fil en quantité considérable, en formant une masse dix à douze fois plus épaisse que le fil lui-même; si Ton rompait la communication, la limaille tombait instantanément, ce qui prouvait bien que l'effet magnétique dépendait uniquement du passage de l'électricité à travers le fiL...
Il était aisé de conclure que ces effets ne pouvaient être produits par le fil électrisé, sans être capables de donner à l'acier une aimantation permanente....
J'ai reconnu que le contact des aiguilles d'acier avec le fil n'était pas nécessaire, et que l'effet se produisait encore immédiatement quand elles étaient placées transversalement à quelque distancé, même quand on interposait une plaque de verre très épaisse; enfin, une aiguille placée transversalement au fil pendant un seul instant a été trouvée aussi fortement aimantée qu'une aiguille restée longtemps en communication avec lui....
J'ai vérifié, par plusieurs expériences, que l'effet est proportionnel à la quantité d'électricité qui traverse une section du conducteur, quel que soit, d'ailleurs, le métal qui la transmet; ainsi, plus les fils sont fins, plus leur aimantation est forte....
Toutes ces expériences montrent nettement que l'aimantation se produit partout où l'électricité passe en grande quantité ; mais elles fournissent peu d'indications sur les circonstances précises ou les lois de sa production.
Je ne veux point céder à la tentation d'aborder la partie théorique du sujet; mais, en présence des faits que je viens de développer, une foule d'idées curieuses ne peuvent manquer de se présenter à un esprit éclairé. Le magnétisme terrestre ne serait-il pas dû à son électricité, et les variations de l'aiguille aux variations des courants