‹ Légende d'âmes & de sangs: des versChapitre 27 sur 28 · UNE AMOUR DE HAIES VIVES I7I · texte numérisé non relu

UNE AMOUR DE HAIES VIVES I7I

Dans la musique sourde où, Triangle inouï, Vont les sonnailles d'or et la larme idéale Des angélus pleureurs, — hardie, et pour que lui Pour sa Taure la prenne en Tample paix rurale, Va d'AVANT, sexe nu, la Vieille tout au mâle !...

au soleil de l'AOUT

Tous les Troupeaux,quand ils s'en voNT,et,de leurs queues Tuant lesTaons,lesRoux,lesNoirs,lesTaureaux grands: Au Travail de la grange, eux, las des vieilles lieues, Ils VONT, lesdeuxlongs Vieux, — etd'odeursduvieux Temps

Un doux revenez-Y grise un peu leurs vieux sangs...

Oh ! l'odeur da passé qui pour Tespoir de vivre

Rouvre les nez des vieux ayant le Trépas près,

Quelleodeurquirendsoûlletpleinsd'heursgrandsd'homtheivre

Vont les Vieux : et l'odeur, odeur saine d'engrais, Passe, et de Terre grasse et de glu de marais.

Oh ! la Terre, la Terre ! en les sueurs et le hâle

Quels maux aux reins, aux Temps! et, prodige, ouiriez-vous

A la ronde, les gens! sonner, et presque mâle,

Sonner dans le soleil, ainsi que d^hommes soûls,

La voix desdeuxlongsVieuxTiNTANTde leur grands pouls!

Mais quMl odore aussi ! sous la lourde âme éparse Des purins sourds émus de genèse et d'éveil.

Le grand amour aimé de l'ample et vierge garse : De la Terre en la pluie et la Terre au soleil. De la Mamelue âpre et qui n^a de sommeil !

AD SOLEIL DE L'aOUT 1/5

Or, d'ANTAN l'odeur passe : et, de noms géorgiques De vieux prés, un glas sonne : et, musique des eaux, — Ainsi qu'au vieux viveur qui de doux noms magiques ONTnommé les grands Yeux, les grands seins, lesgrands dos, Les plis et les replis et les roses des peaux,

Il leur donne, auxlongs Vieux, un grand heur mélomane. Le glas d^ANTAN, le glas d'amour, le doux glas d'or Venu du passé long : et le purin ahane Sous Taprès-midi rouge, et des Taons noirs Tessor, Apre et guerrier, zonzonne en l'or de messidor

VoNT-ils loin, — souvenirs — loin vont-IIs les grands-pères ! — Sur les sillons mouvés à Tarome de sang, Des verdures là-HAUT, en TOrée-aux- Vipères,

Ungrand soir glauque etnoir pleure humide, ets'éprend De la Terre vantant son nu saigneux et grand

Puisdes prés, des prés drusd OÙ s'exhale un sang glauque Mangé par les midis : et par le Vieux pré, mer Noir et glauque, ledail passe: et leur grand vouloir rauque Tord les Torses grandis et noirs dans le plein air, Noirs de sueur et mouillés du large arôme amer

Puis la Moisson soleille ! et, sans paix, énergique

Ou lasse sous l'épi, de la Terre âpre aux gars

S'épand le mont d'amour énorme et géorgique :

Dans son drap noir, ou glauque, ou d'or, sein plein ou las,

La garse aime sans paix et ne sommeille pas I —

Vont, loin ainsi, les Vieux savourer dans le morne

Les odeurs du passé plein du glas des vieux noms,

Desvieux nomsde la Terre, où, — rumeurs deTaons, — viorne

Un vouloir de genèse : et voilà, dans les longs.

Très longs Tournis des Taons aux sourdeurs de violons,

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