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L'HYDRE

NOTICE

La courte pièce de l'Hydre n'est qu'un symbole dévc!opf)é en quelques vers. Elle reflète la pensée de V. Hugo, à la date où il l'a composée.

Elle a été écrite le 12 août 1878, douze jours après le retour en France de V, Hugo. Il venait de passer une année à Guernesey, après les mécomptes politiques de 1 871, qui l'avaient amené adonner à Bordeaux sa démission de représentant.

Il tombait en pleine réaction. Mac-Mahon était président de la République; le 5 août avait eu lieu l'entrevue de Frosbdorf, la restauration de la monarchie, décidée en principe, n'était plus qu'une question de couleur de drapeau, V. Hugo était sans influence auprès des pouvoirs publics ; il venait d'intervenir (cS août) en faveur de Rochefort condamné, pour demander qu'on lui épargnât au moins le séjour à Nouméa ; de Broglie, son confrère à l'Académie, alors président du Conseil, lui avait répondu par une fin de non-recevoir et d'un ton presque tranchant.

L'horreur de V. Hugo pour la monarcliin s'était réveillée. Toutefois, cette histoire d'Hydre reste par ailleurs l'écho possible des légendes que V. Hugo avait dû entendre raconter dans les pays basques, pendant son voyage en Biscaye et en Navarre (i843).

Les légendes de chevaliers qui luttent contre des dragons, des serpents ou des hydres y sont nombreuses '.

I . On peut lire (tans Cerquand, Lèrjendes et récits populaires du pa->:i basque, Paris, Ribaud, iS'jô-iSSî, pp. 26-46, plusieurs recils de ces comljats de chevaliers contre des serpents ; on y trouve notamment la légende du Chevalier de Caro, vaincu par un dragon à sept têtes.

Vaisemblablement V. Hugo s'en souvient quand il écrit dans Paternité :

Ils habitent la case Arcol, tour féodale

Faite par don Maldras qui fut un roi vandale

Sur un sommet jadis hante par un dragon*...

C'est à la victoire d'un des siens sur une hydre que la famille bayoniiaise des Belzunce devait ses armoiries :

« En 1^07, raconte Augustin Chaho ^, un serpent monstrueux, sorti des abîmes des Pyrénées, exerçait d'affreux ravages sur les bords de la Nive. Tout désertait les environs d'Irubi, où une grotte servait de retraite à cette hydre... Gaston de Belzunce, à peine âgé de dixneuf ans, sans autre arme que sa lance, vient défier le monstre en son repaire. Les traditions donnent à cette liydre pyrénéenne trois têtes et une queue ardente... Gaston et l'hydre tombèrent dans la Nive, oîi ils se noyèrent. Le roi de Navarre, Charles III, le Noble, permit à la famille des Belzunce d'ajouter un dragon à l'écu de ses armes. »

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