Gosme égorge au hasard
2. Guerre Civile : ces mots auraient pu servir de titre à la pièce et ils auraient plus directement attiré l'attention sur les événements contemporains auxquels V. Hugo va faire allusion dans le cadre de l'histoire médiévale.
3. C'est l'idée inspiratrice de Pas de représailles dans l'Année terrible : V. Hugo v condamne déjà la réciprocité des exécutions :
Le talion n'est pas un reflux légitime... Je sauverais Judas, si j'étais Jésus-Christ.
(Mai 1871.)
4-7. Cosme, Sienne. Le choix de Sienne s'explique : l'histoire de Sienne n'est, depuis le xiii'' siècle jusqu'à la Renaissance, qu'une longue suite de rivalités et de guerres intestines. En i55i, Cosme de Médicis, duc de Florence, marcha sur Sienne dans le but de s'en rendre maître pour le compte de Charles-Quint, son allié. Nous savons par Montluc quelle lamentable spectacle offrait la ville, le jour où la population fut chassée de ses foyers par les soldats de Cosme de Médicis : « Oncqucs, dit Montkic, je ne vis départie si désolée ». Mais le spectacle que va évoquer V. Hugo est, ici, celui des rues de Paris, après les batailles de mai 1871. Cf. V Année terrible :
Un jour je vis le sang couler de toutes paris ; Un immense massacre était dans l'ombre épars..., etc. (Juin, I, vers 13 et sq.)
LE COMTE FÉLIBIEN. 3l3-
Dans Sienne où la fierté des grands siècles s'écroule.
Tous les murs sont criblés de biscayens de fer.
Le massacre est fini ; mais un reste d'enfer
Est sur la ville, en proie aux cohortes lombardes.
La fumée encor flotte aux gueules des bombardes ; lo
Et l'horreur du combat, des chocs et des assauts
Est visible partout, dans les rouges ruisseaux,
Et dans l'effarement des morts, faces farouches ;
On dirait que les cris sont encor dans les bouches.
On dirait que la foudre est encor dans les yeux, i5
Tant les cadavres sont vivants et furieux.
Cependant les marchands ont rouvert leurs boutiques.
Des gens quelconques vont et viennent ; domestiques,
Patrons, clercs, artisans, chacun a son souci;
Chacun a son regard qui dit : — C'est bien ainsi. ao
Finissons-en. Silence ! un nouveau maître arrive. —