Tente ce* rois
387. Sachez vous contenter, compagnons couronnés 3q6. Puisque la brute, avec sa sagesse d'instinct.
WELF, GASTELLAN D'OSBOR 4o3
Ah ! puisque rien n'est libre à moins d'être farouche, De mes noirs sanghers, de mes ours, de mes loups, Vous n'approcherez pas, princes ; j'en suis jaloux. 3oo Messeigneurs, savez-vous pourquoi ? C'est que ces bêtes Ces êtres lourds et durs, ces monstres, sont honnêtes. Ils n'ont pas de Séjan, ils n'ont pas de Rufin ; Leur cruauté n'est pas le crime; c'est la faim. Vous, rois, dans vos festins, au bruit sacré des lyres, 3o5 Gais, couronnés de fleurs, échangeant des sourires. Pour usurper un trône, ou même sans raison, Vous vous versez les uns aux autres du poison ; Vos poignards emmanchés de perles font des choses Horribles, et, parmi les lauriers et les roses, 3io
Teints de sang, vous restez éblouissants toujours ; Moi, je choisis les loups, et j'aime mieux les ours ; Et je préfère, rois qu'un vil cortège encense, A vos crimes riants leur féroce innocence. Allez-vous-en. — Fuyez. Quoi ! ne sentez-vous pas 3i5 Tout un hérissement fauve autour de vos pas ! Vous bravez donc, puissants aveugles, le murmure Qui répond dans l'abîme au bruit de mon armure, L'amour qu'a pour moi l'ombre, et l'appui que j'aurais Dans la virginité des profondes forêts. 3ao
J'ai sous ma garde un coin de paradis sauvage, Un mont farouche et doux. Ici point de ravage Montrant que l'homme fut heureux dans ces beaux lieux •
3oi. 0 princes, savez-vous pourquoi ••...