L ETUDIANT
C'est un fou.
LE ViEILLA.RD.
S'amuser à monter la garde au bord d'un trou ! 4oo
C'est ridicule.
LE BOURGEOIS
Il est même laid. A tout prendre, Je le vaux. A bas Welf !
LE PAYSA>'.
Moi, j'irai le voir pendre.
LE BOURGEOIS
Je ne donnerais pas de sa peau deux écus.
Huées et ricanements autour de VVclf.
WELF.
Tant le rire est aisé derrière les vaincus !
lioti. Vers très travaillé.
Sur le fragment 367 du ms. ho, on lit :
La morsure
Tant le rire est facile aux talons d'un vaincu l'imbécile I
Aux talons d'un vaincu, la morsure est facile
Que le rire est aisé, quand [l'honneur?] est vaincu I Le fragment 266 offre la forme définitive :
Tant le rire est aisé derrière les vaincus !
Date finale du manuscrit : 33 juillet i86g.
LE POETE, A WELF.
Tu fus grand, c'est pourquoi l'on t'outrage. Sois triste,
Et pardonne. La foule ingrate et vaine existe.
Elle livre quiconque est par le sort livre.
Et raille d'autant plus qu'elle a plus admiré.
Que ton souvenir reste à la sombre vallée, 5
Qu'on entende pleurer la source inconsolée,
Que l'humble oiseau t'appelle et te mêle à son chant.
Et que le grand œil bleu des biches te cherchant
Se mouille, et soit rempli de lueurs effarées.
Si la mer prononçait des noms dans ses marées, lo
0 vieillard, ce serait des noms comme le tien.
Tu fus l'ami, l'appui, le tuteur, le soutien
En haut, de l'arbre immense, en bas, du frêle arbuste ;
I . Le manuscrit 4o (fr. Sôg) donne cette première rédaction :
Sois fier, car tu fus vrai; sois grand, car tu fus bon. Le titre ne figure pas au ms.
l'homme âpre ei démesuré allier, pensif 3. Elle comprend peu l'homme auguste, allier, sacré i3. Le vers i3 était suivi de ces cinq vers : Calme, la pratiquas celle maxime auguste Que cela soit possible ou non, fais ton devoir. L'homme seul sous les deux peut être un astre noir. Les papes et les rois rayonnent les ténèbres,
l'aube pure Tu mêlas an feu pur à ces clartés funèbres. Les quatre premiers vers figurent aussi sur le fragment 269 du ms. 4o : le troisième deux fois.
Le poète a A\elf. Cf. le salut lyrique adressé, pour clore les Burgraves, à Job et à Barberousse, et la conclusion ajoutée en 1870 au poème de la Révolution dans les Quatre Vents de l'Esprit.
4i4 WELF.
Un jour les voyageurs sur ton rocher robuste
Monteront, et, penchés, tâcheront de te voir, i5
Vaincu superbe, au fond du précipice noir.
Et leurs yeux chercheront ton fantôme sublime
Sous l'entrecroisement des branches dans l'abîme.
i8. « Cette image, disent Paul et Victor Glachant, avait hanté V. Hugo tout au long de la pièce. On la trouve dès le vers ao :
Dans rentrecroisemont des branches du hallier, et aussi dans les vers supprinaés de la scène m : Dans la claire voie âpre et triste du hallier. C'est comme un refrain épique, dans cette œuvre véritablement digne du nom de petite épopée. »
Date du ms. : 12 janvier 1877.