‹ Légende des sièclesChapitre 30 sur 277 · Cf. La Pente de la rêverie, v · texte numérisé non relu

Cf. La Pente de la rêverie, v

G était comme un grand édifice Formé d'entassements de siècles et do lieux.

Tous les siècles, le front ceint de tours ou d'épis,

Étaient là, mornes sphinx sur l'énigme accroupis ;

Chaque assise avait l'air vaguement animée ;

Cela montait dans Tombre ; on eût dit une armée

Pétrifiée avec le chef qui la conduit

Au moment qu'elle osait escalader la Nuit ;

Ce bloc flottait ainsi qu'un nuage qui roule ;

C'était une muraille et c'était une foule ;

Le marbre avait le sceptre et le glaive au poignet,

La poussière pleurait et l'argile saignait.

Les pierres qui tombaient avaient la forme humaine.

Tout l'homme, avec le souffle inconnu qui le mène,

Eve ondoyante, Adam flottant, un et divers.

Palpitaient sur ce mur, et l'être, et l'univers,

Et le destin, fil noir que la tombe dévide.

Parfois l'éclair faisait sur la paroi livide

Luire des millions de faces tout à coup.

Je voyais là ce Rien que nous appelons Tout ;

Les rois, les dieux, la gloire et la loi, les passages

Des générations à vau-l'eau dans les âges ;

Chaque assise avait l'air vaguement animée; Toat le bloc frissonnait ; on eût dit une armée Pétrifiée avec le chef qui la conduit Alors q-d'elle essayait d'escalader la nuit ; Le bloc...

a5. o) Flollant...

6) La vie, Eve ondoyante, Adiim un et divers,

a8. [Souvent] l'éclair...

3o. Je voyais là ce rien que nous appelons tout;

3i. ... la gloire et l'orgueil...

i5. Cf. Ibid., V. 109 :

A toutes les hauteurs, nations, peuples, races aA. Cf. Ibid.. V. 98:

La face antique auprès de la face nouvelle :

Le passé, le présent; les vivants et les morts;.

Le genre humain complet...

Et devant mon regard se prolongeaient sans fin

Les fléaux, les douleurs, l'ignorance, la faim,

La superstition, la science, l'histoire, ib

Comme à perte de vue une façade noire.

Et ce mur, composé de tout ce qui croula. Se dressait, escarpé, triste, informe. Oiicela? Je ne sais. Dans un Heu quelconque des ténèbres.

Il n'est pas de brouillards, comme il n'est point d'algèbres, 4o

Qui résistent, au fond des nombres ou des cieux,

A la fixité calme et profonde des yeux ;

Je regardais ce mur d'abord confus et vague.

Où la forme semblait flotter comme une vague.

Où tout semblait vapeur, vertige, illusion ; 45

Et, sous mon œil pensif, l'étrange vision

Devenait moins brumeuse et plus claire, à mesure

Que ma prunelle était moins troublée et plus sûre.

Chaos d'êtres, montant du gouffre au firmament I

Tous les monstres, chacun dans son compartiment ; 5o

Le siècle ingrat, le siècle affreux, le siècle immonde ;

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