‹ Légendes canadiennesChapitre 11 sur 35 · US LEGENDES · texte numérisé non relu

US LEGENDES

dernier cette race infâme qui n'est altérée que de carnage et de sang ?

Que n'ai-je su cela pins tôt !

Hier un Potowatomis est entré chez moi pour me vendre quelques pelleteries.

Comme je n'en avais nul besoin, qu'il me les faisait le triple de leur valeur çt qu'il me tourmentait déjà depuis assez longtemps, je lui signifiai de se retirer.

Il osa me résister.

Alors impatienté, je me levai de mon siège et le conduisis jusqu'à la porte à coups de pied. H s'éloigna en me menaçant et me montrant son poignard.

J'avais un bâton à la main.

Je regrette maintenant de ne pas l'avoir assommé.

— Imprudent! s'écria» la jeune fille, vous n'auriez jamais du provoquer cet Indien.

Ne savez-vous pas qu'un Sauvage n'oublie jamais une injure ?

H peut rôder toute une année autour du fort pour vous suivre des yeux, observer tous vos mouvements, épier toutes vos démarches, flairer toutes vos traces, se cacher parmi les taillis, parmi les joncs de la rivière, s'approcher de vous avec toute la ruse et la finesse du serpent, s'élancer comme un tigre, et vous frapper au cœur au moment où vous vous y attendrez le moins.

Je vous vois tous les jours sortir du fort pour aller pécher sur les bords de la rivière ; je vous conseille de n'y plus retourner. Il vous arrivera malheur.

—Bah ! fit le jeune homme, vous êtes trop craintive.

Je l'ai tu repartir ce matin avec une troupe de guerriers de sa nation.

Us descendent à Québec pour y vendre leurs pelleteries dont ils n'ont pu se débarrasser ici.

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