‹ Légendes canadiennes [microforme]Chapitre 43 sur 65 · LE BONHEUR VA COMMENCER · texte numérisé non relu

LE BONHEUR VA COMMENCER

Un jour radieux va paraitre ; cessez de gémir , Helmina et Julienne, pauvres jeunes filles qui n'avez soupiré jusqu’à présent que les plaintes de la mort et de la captivité ! le malheur ne doit pas toujours subsister ; l'orage ne peut pas toujours durer.

Assez long-temps vous avez pleuré dans les ténèbres d'une existence infortunée ; assez long-temps vos yeux se sont noyés dans les larmes , votre cœur s’est brisé dans la douleur : voici le jour des consolations arrivé... l'orage ne peut pas toujours durer.

Le ciel est pur, le tonnerre ne gronde plus, les vents furieux se sont enfuis, les nuages noirs se sont disper-

sés © durer

N' seau, yranc const:

une Y ARE

ierg toute raitre dt:J

Le rité d' le cra préci] après assez qui n au me qu'en

bruit

isites dans la

, Voici ce que er avec moi, t qu'Helmina r maître Jacveux voir de ui ferai. Cela

attirer maître >; cependant,

réussirez, Oh me soit de la

envie , je vois

gémir , Heli n'avez soumort et de la rs subsister ;

s les ténèbres ps vos yeux r s’est brisé

ions arrivé..,

lus, les vents > sont dispet-

ss: ne craignez plus..…., l'orage ne peut pas toujours durer...

N'entendez-vous pas au dehors de votre cachot l'oiseau, naguère plaintif, qui gazouille l'hymne de la déliance, le chant de l'hymen, le triomphe de l'amour constant? N’entendez-vous pas au dedans de vous-mêmes ne voix mystérieuse qui vous répète souvent : Espérez, l'orage ne peut pas durer toujours.

O0 Helmina..…. Ô Julienne, filles de prédilection, sierges chéries du ciel, nous vous le répétons avec toute la nature : Espérez, le temps du bonheur va parître , car il est bien en nous aussi une voix qui nous dit : L'orage ne peut pas durer toujours. . . . . . . .

Les jeunes filles venaient d'ouvrir les yeux à l’obscurité de leur prison, lorsqu'elles entendirent tout à coup lecraquement lointain des branches et un bruit de pas précipités qui approchaient sensiblement ; puis, bientôt après, elles entendirent le murmure d’une conversation assez animée. |

— Voilà une voix, dit Helmina en prétant l'oreille, qui ne m'est pas tout-à-fait inconnue ; je puis assurer au moins que ce n’est pas celle de maître Jacques ; qu'en dites-vous, Julienne ?

— O mon Dieu! s’écria Helmina en tremblant au bruit de deux coups de feu qui retentirent et allèrent se perdre lentement dans l'épaisseur du bois. Puis, aussitôt après , la porte s’ouvrit violemment, et deux hommes parurent.

— Que vois-je ? dit Helmina ; Maurice ! est-ce bien vous ?

Et elle tomba à ses genoux.

— Et toi, Julienne , tu ne me reconnais donc pas ? dit Julien en la serrant dans ses bras.

— Ciel ! mon père !... je vous vois donc encore une

fois avant de mourir !... Je ne demande plus rien, je mourrai contente...

— Tu ne mourras pas, ma chère fille; tu vivras pour pardonner à ton malheureux père.

—Et vous aussi, pauvre Helmina, dit Maurice; vous vivrez pour m'inspirer votre vertu.

Vous allez enfin être rendue à la liberté ; un bonheur sans bornes vous attend. Il y a déjà assez long-temps que nous risquons notre vie pour le crime; aujourd’hui nous devons la risquer pour le bien, pour arracher l'innocence des mains d'un brigand qui nous a malheureusement perdus, mais que nous haïssons.

— Que dites-vous, Maurice? dit Helmina ; je ne vous comprends pas.

— Le temps est trop précieux pour que je vous détaille aujourd’hui cette malheureuse histoire, vous la connaîtrez plus tard ; qu’il me suffise de vous dire pour le moment que j'ai été le complice de maître Jacques, votre bourreau.

— Malheureux!

— Et vous, mon père, dit Julienne , par quel hasard.…. ?

—Complice aussi, dit Julien en se jetant aux genoux de sa fille... Pardon! pardon pour nous deux ; le repentir a fait votre délivrance, j'espère qu'il fera le reste, Pardon, ma fille; grâce, Helmina!... nous renonçons au crime.

— Parlez, jeunes filles; dites-nous que vous now pardonnez , dit Maurice en pleurant; hâtez-vous, Hel mina : il est à quelque distance de cette caverne un hom-h,; se me qui attend avec impatience l’heureux moment où iEloi pourra vous presser dans ses bras. He

— De qui voulez-vous parler? dit Helmina avents précipitation; mon Dieu , serait-ce encore quelque..../Birs ,

Nais P 'éleve l'y en rigan

LÉGENDES CANADIENNESe 919

le plus rien, je M 11 n'y a plus de mystère, dit Maurice; votre père, ; |, Des Lauriers, vous attend à la sortie du bois. ; LU vivras pour Æ Mon père !.. oh mais! c'est un rêve..., un rêve de à wheur ; mon père!... ah! Maurice, vous vous jouez t Maurice; vous ma sensibilité !.… — Sortons, dit Julien, qui ne pouvait plus résister 46 ; un bonheur Res émotions; sortons.

ssez long-temps D — O mon Dieu ! qu'est-ce que cela? dit Helmina à me ; aujourd’hui Bi vue de deux cadavres sanglants étendus à la porte de ur arracher l'in- D verne, qu’elle reconnut pour ceux de Lampsac et us a malheureu- D Mouflard ; qu'avez-vous fait? un meurtre! horri- . ; F el...

nina ; JeNnE VOUS — Non, Helmina, dit Maurice; nous avons défendu à pire vie contre eux : les misérables ont voulu soutenir que Je vous dé- qu'à la fin leur scé!ératesse ! istoire, Vous a Quelle mort! dit Helmina.…, et quelles terribles é.vous dire pour Muites..….. Que Dieu ait pitié de leurs âmes. maître Jacques, À 11 y a quelques jours, Helmina traversait les mêmes tiers qu’elle parcourt aujourd’hui; mais alors c'était me marche pénible , affreuse ; elle allait à la mort, gui- >, par quel ha- Rs par ses bourreaux. À présent elle court vers le boneur ; ses pas sont légers, sa marche est aisée. : l’esetant aux genoux Byrance donne des ailes... Ce bois du cap Rouge qui 15 deux ; le re-RB avait paru si effrayant lui paraît aujourd’hui majesqu’il fera le reste. Boux : il n’est plus éclairé par la lueur rapide de l'éclair, nous FENONÇOS is par les rayons d’un soleil radieux qui commence à élever au dessus de la cime des plus grands arbres ; elle que VOUS n0W =; entend plus les jurements et les imprécations des hâtez-vous, He: sands , mais le ramage d'une foule de petits oiseaux caverneun hom-Bi se bercent sur toutes les branches, et semblent ux moment Où Ïouloir partager son bonheur.

| : Helmina ne peut alors fermer son cœur à des sentit Helmina aveents de reconnaissance et d’admiration pour Dieu; ore quelque... Eirs elle commence à croire et à répéter en elle-même

cet adage du vieux temps : L'orage ne peut pas toujou durer...

—Est-il bien vrai, Maurice, dit Helmina, que vo ne m'avez pas trompée en me disant que j'allais retro ver mon père? Hélas ! comment pourrais-je le croire!

— Croyez-le, Helmina, vous êtes sur le point de | voir ; j'entends les branches qui plient, c’est lui.

En effet, M. Des Lauriers, impatienté d'attendre, ç craignant qu'il ne fût arrivé quelque malheur, s'éta avancé à une petite distance dans le bois. Maurice s mit à siffler : c'était le signal convenu pour se reconnai tre. M. Des Lauriers parut, et, se précipitant dans Je bras d'Helmina :

—0 ma chère petite fille, je te revois enfin ! s’écriat il avec joie. À

— O mon père! dit timidement Helmina.

Nous n’entreprendrons pas de peindre à nos lecteurs la scène touchante et expressive qui eut lieu alors dans le bois du cap Rouge. Ceux qui, comme M. Des La riers , ont eu occasion de goûter le même bonheur, con viendront avec nous qu’il n’est pas de paroles assez for tes, assez énergiques, pour l’exprimer. De pareils mo ments donnés à un père , à une épouse , à un parent, ! un ami quelconque , et, généralement parlant, à l'ami tié ou à l'amour, après une longue absence ou un retour inespéré, sont des délices que le cœur seul pourrait dé- 131130: 1 ( ARAES AUS COR TO SE SR SES RS

M. Des Lauriers, après avoir donné le temps nt cessaire à la manifestation de son amour paternel, fi monter Helmina avec lui dans une voiture qu'il avai emmenée, et disparut comme l'éclair, après avoir dit tout bas à Maurice de chercher maître Jacques et de l'emmener chez lui, comme il en était convenu avec lui,

Page 1