GEOFFROI
Ici nous tombons complètement dans les romans de chevalerie, si spirituellement démolis par Cervantes.
Geoffroi se fit montrer la montagne où avaient été enfermés son grand père et la fée Palatine ; il y courut. L'inscription qu'il lut au bas de cette montagne lui apprit à quelles difficultés il devait s'attendre pour pénétrer jusqu'au chateau-fort. 11 devait combattre plusieurs monstres et un géant. Mais cette crainte ne l'effraya pas. 11 s'avança hardiment, suivi de ses braves chevaliers, et ayant reconnu le terrain, il sonna lui-même du cor, comme pour appeler les ennemis contre lesquels il devait se mesurer. Ils accoururent, et succombèrent F un après l'autre sous ses coups. Le géant fut plus difficile à abattre : mais de quoi ne vient pas à bout l'adresse jointe au courage! Il parvint à lui couper la tête ; et ce fut en tenant à la main cette preuve de sa victoire, qu'il grimpa seul au haut de la montagne, et entra dans le château habité par sa tante, la fée Palatine. Celle-ci reconnut, k sa Loime mine et à ses exploits, ce héros de sa race, qui, depuis si longtemps, lui était annoncé
A LA GBAXDE-DENT 20 S
comme devant être l'auteur de sa délivrance. Le fils de Mél usine, de son côté, reconnut la sœur de sa mère, non à sa vieillesse, mais à son air noble et à la beauté qu'il n'appartenait qu'aux fées de conserver pendant plus d'un siècle. Ils s'embrassèrent, et Palatine fut la première à lui livrer les trésors immenses qu'Elinas et Pressine avaient assemblés dans ce château.
Elle fut charmée d'avoir obtenu la liberté d'en sortir; mais elle protesta qu'elle n'en profiterait que pour voler au secours de ses neveux, quand ils auraient besoin d'elle en Orient, et qu'elle leur rendrait, dans cette partie du monde, les mêmes services, et leur donnerait les mêmes conseils que sa sœur Mélusine en Europe. On employa plusieurs jours à faire transporter toutes les richesses d'Elinas dans les vaisseaux de Geoffroi ; après quoi la tante et le neveu se firent les adieux les plus tendres. Pala tine alors fit présent à Geoffroi d'un talisman en forme de bague, qui avait la vertu de repousser toutes les armes offensives. Elle mit à un autre de ses doigts un anneau, qui, placé dans labou-
che de celui qui le portait, avait la vertu de le rendre invisible.
Avec ces auxiliaires magiques, Geoffroi à la Grande-Dent alla en Palestine, où il fit de grandes prouesses, mais qui sortent de notre sujet et qui intéresseraient peu les lecteur s de notre temps.