LE CHEVALIER DE RODENSTEIN
qui y restent sans cesse accroupis. En Fan 1558, Hans Kirchof eut le malheur de la rencontrer par hasard ; car il faut dire que personne ne la trouve en se rendant exprès dans la forêt avec l'intention de la chercher. Hans raconte, qu'à son extrême surprise il ne vit pas les. chiens, quoiqu'il avoue que ses cheveux se dressèrent sur sa tête lorsqu'il aperçut le mystérieux mausolée de ce chasseur félon.
Le silence règne autour de la pierre de la forêt d'Usslar; mais l'esprit agité du chevalier Hakelberg, ou du démon qui a pris ce nom, est aujourd'hui tout-puissant dans le voisinage de TOdenwald, ou forêt d'Odin, au milieu des ruines du manoir de Rodenstein. Son apparition, comme on l'a dit, est un pronostic de guerre. C'est à minuit qu'il sort de la tour gardée par son armée : les trompettes sonnent, les tambours battent; on distingue les paroles decommandement adressées par le chef à ses soldats fantastiques; et, si le vent souffle, on entend le frôlement des bannières; mais, dès que la paix doit se conclure, Rodenstein retourne aux ruines de son château, sans bruit, ou à pas