‹ Légendes du calendrierChapitre 78 sur 95 · LXV. — LE CALENDRIER RÉPUBLICAIN · texte numérisé non relu

LXV. — LE CALENDRIER RÉPUBLICAIN

En voyant cet absurde ouvrage, Au bon sens déplorable outrage

D'un garnement, Je ne croyais pas , sur ma tête , Qu'il fût permis d'être si bête

Publiquement.

Âlmanach de Coblentz, 1794.

Nous donnons aussi, comme curiosité, le calendrier républicain. Celte incroyable extravagance fut présentée à la Convention par Gilbert Romme, député du Puy-de-Dôme , appelé par Mercier, dans son Tableau de Paris y le Mulet d'Auvergne, à cause surtout de sa laideur. C'était un philosophe en sabots. Comme toutes les mauvaises natures, il tournait le dos à Dieu qu'il eût bien voulu supprimer. Il avait été précepteur, en Russie, du comte Strogonof, à qui il n'avait rien appris.

Cet ennemi de Dieu, des arts et du beau, offrit son calendrier à la Convention, dite nationale, le 4 brumaire an II (25 octobre 1793). La séance était présidée par le citoyen Moïse Baile. Il fit adopter, décréter et promulguer le travail qu'on va lire et qui

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devint loi de l'État. C'était l'œuvre du cifcoyen Gilbert Romme, aidé du citoyen Fabre d'Églantine. Moins de six mois après, Fabre d'Églantine portait sa tête sur l'échafaud. Gilbert Romme, condamné à la même peine, se tuait dans sa prison.

De nombreuses altérations se sont insinuées dans la plupart des éditions de ce calendrier. Nous le donnons ici collationné exactement sur l'édition officielle, imprimée en suite d'un décret formel de la Convention en date du 30 pluviôse an H, par l'imprimerie nationale, sous la surveillance des citoyens Monnel, Bellegarde et Charles Cochon, pour servir d'annuaire à la troisième année de la République.

Nous croyons utile de rapporter ici une partie de l'instruction qui se trouve en tête de ce calendrier, sur l'annuaire républicain :

« Les Romains comptaient les années depuis la fondation de Rome; les Tyriens, depuis le recouvrement de leur liberté; les Européens comptent depuis l'établissement du christianisme; les Français compteront désormais depuis la fondation de la République, c'est-à-dire de la liberté, de l'égalité, qui a eu lieu le lendemain de l'abolition de la royauté, le 2'2 septembre 1792 (vieux style), jour où le soleil est arrivé à l'équinoxe d'automne, en entrant dans le signe de la Balance.

» L'ère vulgaire est abolie.

» L'année présente est la 4795* pour les peuples esclaves; c'est la troisième de la république française. Depuis 1564, par ordre d'un roi fanatique et cruel, Charles IX, Tannée commençait au 1er janvier, onze

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jours après le solstice d'hiver; elle commencera à l'avenir, à minuit, avec le jour de l'équinoxe vrai d'automne pour l'Observatoire de Paris.

» L'année était partagée en douze mois inégaux de vingt-huit, trente et trente et un jours; elle est maintenant composée de douze mois , de trente jours chacun , suivis de cinq jours qui la complètent. La semaine ne divisait exactement ni le mois,, ni Tannée, ni les lunaisons; on compte aujourd'hui par décade composée de dix jours , qui divise le mois en trois parties égales.

» Le jour était divisé en vingt -quatre heures, comptées de douze en douze; l'heure en soixante minutes ; la minute en soixante secondes. Cette division rendait les calculs difficiles. Le jour sera désor* mais divisé en dix heures, chaque heure en dixièmes, chaque dixième en centièmes.

» Ainsi l'année sera composée de douze mois et cinq jours; — ou de trente-six décades et demie ; — ou de trois cent soixante-cinq jours; — ou de trois mille six cent cinquante heures; — ou de trente-six mille cinq cents dixièmes d'heure; — ou de trois cent soixante-cinq mille centièmes d'heure... »

On fit des montres, des horloges et des pendules dans le système nouveau. Mais les Français ne purent s'accoutumer à des heures de cent quarante-quatre minutes.

Nous avons dit ailleurs que les trente décades ou dixièmes jours remplaçaient nos cinquante -deux dimanches. On ne s'y fit pas plus qu'aux dix heures et aux dixièmes d'heure.

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L'instruction poursuit :

« Tous les quatre ans, on ajoutait un jour au mois de février : l'année était alors de trois cent soixantesix jours. Tous les quatre ans on ajoutera pareillement un jour, autant que cela sera nécessaire pour que Tannée républicaine s'accorde avec les mouvements célestes^ Les cinq derniers jours de l'année sont dits sansculottides ; quatre années formeront une période appelée franciade. L'année qui, tous les quatre ans, aura trois cent soixante-six jours, sera appelée sextile; elle aura six sansculottides et terminera chaque franciade. Le jour ajouté sera consacré à célébrer la révolution française. »

L'instruction dit ensuite qu'elle change les noms des jours et des mois, qui sont dus à la superstition et à la flatterie. Elle donne aux jours leur nom d'ordre dans la décade , et désigne les mois par les productions et les phénomènes propres à chacun. Elle remplace les saints et les fêtes par des sujets matériels pris aux trois règnes de la nature.

Après avoir décrété et publié cet annuaire , Robespierre, ayant fait adopter le décret, dont le premier article est ainsi conçu : « Le peuple français recon- » naît l'existence de l'Être suprême et l'immortalité » de l'âme » , fit décréter à la suite que chaque décadi serait une fête religieuse, si ce mot peut être permis ici. Nous prendrons dans le décret et dans le catéchisme des décades, imprimé en l'an III, chez Destéfanis, à Commune -Affranchie (Lyon), le titre de chacune de ces fêtes, que nous joindrons à leur décadi.

Priraedi, Duodi, Tridi, Quartidi, Quintidi, Sextidi, Septidi, Octidi, Nonidi, Décadi, l'Être ture.

Primedi, Duodi, Tridi, Quartidi, Quintidi,

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