JOURS COMPLÉMENTAIRES
Primcdi, Fètc à la vertu. Quintidi. Fête à la récom-
Duodi, Fètc au «jénie. pense.
Tridi, Fête au travail. Sextidi. Fraxciadk; fête de
Quartidi, Fête à l'opinion, la Révolution.
Ce sextidi était la clôture de l'année bissextile et complétait la franciade, période de quatre années créée par la Convention. Les fêtes des jours complémentaires, car tous ces jours étaient chômés, étaient comme d'autres fôtes de l'année républicaine : à l'Honneur, à la Fécondité, à la Nature, à la Vieillesse, elc, les fêtes des loges maçonniques, où se retrouvait le culte païen.
Petit bonhomme vit encore.
Proverbe populaire.
Ce qui est assez peu connu, c'est que les jansénistes ont fait aussi leur calendrier, où se trouvent leurs saints, généralement très-ignorés. Ce calendrier a été imprimé à Utrecht en 1757. Nous en donnons ici d'assez grands extraits.
Les fastes de janvier sont la publication, en \ 656, du pamphlet intitulé Lettres provinciales, et l'exclusion de M. Arnauld de la Sorbonne.
Lç 1er janvier, Eugénie de l'Incarnation, religieuse de Port-Royal; le 2, Françoise Agnès Rouvet, idem ; le 3, Anne de sainte Monique, idem; le 4, Isaac Lemaistre de Sacy; le 5, le 6, le 7, des noms ou-
bliés; le 8, Augustine de sainle Thérèse; le 9, Jean Rose; le 10, Sébastien le Nain de Tillemont; le 11, N. Oudinet, chanoine de Reims; le 12, Jacques Lenoir, chanoine de Notre-Dame de Paris ; le 1 3, le 1 4, le 15, noms oubliés; le 1G, Innocent Fai, domestique à Port-Royal; le 17, Pierre Borcl, confesseur à Port-Royal; le 2-2, Biaise Morin, prôlre à Paris; le 28, Nicolas Fontaine, solitaire à Port-Royal; le 31 , N. Lambert, docteur de Sorbonne.
Nous passons les jours où les noms révérés sont lout à fait dans le vague.
Février a pour fastes la naissance de M. Arnauld en 1612, et la réforme de l'abbaye de Maubuisson par la mère Angélique , aux applaudissements de M. de Saint-Cyran.
Le 1er février, .Ch. Walon de Beaupuits, solitaire à Port-Royal; le 2, N. Bouret, docteur de Sorbonne; le 4, la princesse de Conli; le 6, Nicolas Richer, avocat; le 13, Jean Laisné, domestique à Port-Royal; le 14, Victor Bourneau, ami de Port-Royal; le 22, Jean Hamon, médecin, solitaire à Port-Royal; le 27, N. Van Nesse, curé de Sainte-Catherine à Bruxelles; le 28, Catherine Félicité Marion, solitaire à Port- Royal.
Les fastes de mars sont la bulle de 1708, qui supprime l'abbaye de Port-Royal des Champs et en réunit les biens à la maison de Port-Royal de Paris.
Le 1or mars, Madeleine Candide Lecerf, religieuse à Port-Royal; le 2, N. Silvccane, prêtre d'Aix; le 3, Jean Dorât, curé de Massy; le 5, M. Mayou, chanoine d'Angoulème; le 1 1 , N. Caron, curé de Calais;
le 13, N. de Vrévin, conseiller au parlement; le 16, Renaud de Sévigné, solitaire à Porl-Royal; le 18, Françoise Béatrix Foy, religieuse à Port-Royal ; le 23, Arsène Bénai, chartreux; le 25, Céloron, prêtre de l'Oratoire, etc.
Avril a pour fastes l'arrêt du conseil qui, en 1706, a interdit aux religieuses de Port-Royal de recevoir des novices.
Le 2 avril, Olympe de Chatillon, abbesse de Saint- Loup; le 8, François Bouilly, chanoine d'Abbeville; le 9, Jean Jubé, prêtre de Paris; le 12, Pierre de Langle, évêque de Boulogne; le 14, Ch. d'Hillerin, curé deSaint-Merry; le 1 5, Anne-Geneviève de Bourbon, duchesse de Longueville, et dom Claude Lancelot, l'auteur des Racines grecques; le 17, Antoine \ de Singlin, curé de Port-Royal; le 24, N. Ravéchet, docteur de Sorbonne; le 27, Dominique Ligny, évêque de Meaux.
Les fastes de mai sont l'emprisonnement de M. de Saint-Cyran, en 1638, et celui de M. de Saci, en
1er mai, le B. François de Paris, diacre de Paris; le 5, Nicolas Gaichiès, prêtre de l'Oratoire; le 6, Cornélius Jansénius, évôque d'Ypres; le 9, le B, Gérard Rousse , chanoine d'Avcnai; le 10, L.-M. de Gonzague, reine de Pologne; le 1 1 , Nicolas Van Mol, médecin, solitaire à Port-Royal; le 13, Corneille J. Barchem, archevêque d'Utrecht; le 17, l'abbé de Bou ville; le 19, Agnès-Thècle Racine, abbesse de Port-Royal; le 31, Marie-Geneviève Racine, religieuse a la même maison.
juin n'a de fastes pour les jansénistes que leur hostilité contre les jésuites et leur opposition au saint-siége.
Le 1er juin, René Fiambart, prêtre; le 6, Jean de Neer-Cassel, évoque de Castorie; le 8, Henri Arnauld, évêquc d'Angers ; le 9 , Armand de Lorraine, évoque de Bayeux; le 14,J. de Scliombert, duchesse de Liancourt; le 20, Gabrielle Fcideau de Bagnols; le 21, N. Lefèvre, docteur de Sorbonne; le 26, dom Nicolas de Verson , chartreux. .
Juillet a pour fastes la naissance du P. Quesnel, en 1634; l'expulsion des solitaires de Port-Royal des Champs, en 1 638 ; l'interdit des religieuses du même lieu, en 1665, et, par rétrospectivilé, le plaidoyer de M. Arnauld contre les jésuites, en 1594.
Le 1er juillet, Anne-Thècle Thomas, religieuse à Port-Royal; le 7, dom Bernard Durand, bénédictin; le 10, Anne de Bragelonne, chanoiue de Paris; le 11, Godefroid Herman, chanoine de Beauvais; le 21, Nicolas de Buzanval, évôque de Beauvais; le 25, Pierre Moliac, domestique à Port-Royal; le 30, Jean Issali, avocat; le 31, Jean Logé, chartreux.
Les fasles d'août sont fatlentat qui retire de Port- Royal de Paris, en 1664, douze religieuses et les interne dans d'autres monastères.
1er août, Élise Bourneau, tourière à Port-Royal; le môme jour, Roger du Plessis, duc de Liancourt; le 6, Marie-Augustine Arnauld; le 7, Etienne Caulet, évêquc de Pamiers; le 8, Antoine Arnauld, docteur de Sorbonne; le 12, Philippe Champagne, l'illustre peintre, ami de Port-Royal; le 15, Mario Leprévôt,
veuve Pontcarré; le 17,dom Etienne Rapinal, chartreux, réfugié; le 19, Biaise Pascal ; le 23, Thomas Lémos, dominicain; le 31, N." Quinot, docteur de Sorbonne.
Septembre a pour fastes la naissance, en 1591, de la mère M. Angélique Arnauld, réformatrice de Port-Royal; la réception, en 1641, de M. Antoine Arnauld en la Sorbonne, et en 1703 , le P. Quesnel, tiré, comme par miracle, des prisons de Bruxelles.
Le 3 septembre, Marie-Agnès de Rubentel , religieuse à Port-Royal; le 6, Agathe de Sainte-Marthe, idem; le 10, Pierre Leroide la Poterie, prêtre; le 13, Marie L. Séguier, duchesse de Luines; le 16, Etienne Briquet, avocat général; le 17, N. Himbert, prêtre de la mission; le 20, P. de la Broue, évêque de Mirepoix; le 27,Robert-Arnauld d'Andilly; le 30, Marguerite Delphine d'Angen, novice à Port-Royal.
Octobre a pour fastes la dispersion, en 1709, do vingt-deux religieuses de Port-Royal en divers monastères; la naissance, en 1585, de Cornélius Jansénius, et son sacre, comme évoque d'Ypres, en 1636. Ces deux grands événements ayant eu lieu le 28 octobre , où Jansénius remplace saint Simon et
saint Judo.
Le 1 cr octobre , François Avoine, curé de Paris; le 2, N. Van Espcn, docteur de Louvain; le 3, N. Luquet, fille de Marseille; le 4, Simon Lemaitre de Séricourt et Jacqueline-Euphémie Pascal; le 7, Marie-Eugénie Arnauld; le 11, Jean Duvergier de Hauranne, abbé de Saint-Cyran, et Claude de Sainte-Marthe, prêtre; le 21, Marie des Anges de
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Feu, religieuse à Port- Royal ;. le '25, Jacques-Joseph Duguet, prêtre; le 27, dom Michel Dcnisart, chartreux réfugié; le 30, dom Maurice Roussel, chanoine réfugié.
Les fastes de novembre sont MM. Arnauld et de Saci, en 1G68, présentés au roi, qui les reçoit gracieusement, et l'enregistrement, en 1708, de la bulle qui supprime Port-Royal des Champs.
Le 2 novembre, Marie des Anges de Saint-Géri, carmélite; le 4, Antoine Lemaîlre, avocat; le 5, Denis Dodart, médecin de Port-Royal; le 6, Thérèse de Saint-Augustin la Pailleterie; le 8, Anne-Cécile de Bois-Cervoise; le 15, N. de Saint-Amour, docteur de Sorbonne, et Jacques de Saint-Robert, feuillant; le 28, Charles de la Croix, domestique à Port-Royal, et Nicolas le Tourneux; le 30, Marie-Christine Briquet, religieuse à Port-Royal.
Décembre a pour fastes la dispersion des solitaires établis autour de Port-Royal des Champs par M. Lemaîlre et M. de Saint-Cyran, dispersion qui eut lieu en 1638. Les solitaires se réfugient à Port-Royal.
Le 2 décembre, Pasquier Quesnel, prêtre de l'Oratoire; le 8, Nicolas Pavillon, évêque d'Alet, et Noël Lecerf, prêtre solitaire; le 9, Nicolas Pelletier de la Houssaie; le 10, Marie des Anges Suireau, abbesse à Port-Royal; le 17, Philippe Gallois, notaire à Paris; le 18, Pierre Codde, archevêque de Sébaste; le 22, Henri Akakia du Lis, solitaire; le 23, Catherine Agnès Arnauld; le 29, Antoine Arnauld, avocat général, etc.
Les jours que nous avons laissés sans patrons sont
généralement occupés par des religieuses ou des novices, ou des solitaires de Port-Royal, ou par des Arnauld, qui semblent avoir été une famille énorme.
Mais il y a un supplément de près de trois cents noms, qui signalent la fécondité en saints du jansénisme. Nous n'en citerons que quelques-uns : Antoipe Pierrot, religieux d'Orval, réfugié; N. de Beinne, docteur de Sorbonne, exclus; N. Cliquot, chanoine de Reims; N. Boileau, chanoine de Saint- Honoré, à Paris; J.-B. de Verthamon, évôque de Pamiers; la princesse M. A. d'Aremberg; Honoré de Beaujeu, évôque de Castres; Caillebot de la Salle, évêque de Tournai; Cyprien-Gabricl de Rézé, évêque d'Angoulême ; Ch.-Joachim Colbert, évêque de Mont- ^ pellier; Adélaïde d'Orléans, princesse de France, abbesse de Chelles; Charles Coffin, recteur de l'Université; Louis-Jacques de Rastignac, archevêque de Tours; N. Coffin; Charles-D.-G. de Caylus, évêque d'Auxerre; Bonaventure Racine, prêtre à Paris, et des prêtres, des chartreux, des bénédictins, des diacres, des religieuses, des veuves, des filles, des conseillers au parlement et autres personnages de divers états.
Les excentricités du jansénisme et les miracles de Port-Royal et du cimetière Saint-Médard ont nui à cette secte, qui pourtant a encore, comme celle des philosophes, de nombreux rameaux. On dit, et c'est possible, que le jansénisme dogmatique est mort. Mais en beaucoup de lieux, le jansénisme pratique est encore très-animé, surtout dans les diocèses où
le gallicanisme prévaut, où la liturgie romaine, complément (te l'Unité qui partout se resserre, n'a pas encore été ramenée.
Ne perdez pas le temps à le compter.
En le comptant voyez qu'il vr-us échappe, Et nul coureur jamais ne le rattrape. '
Baïp.
Nous avons dit que les israélites et les musulmans avaient l'année lunaire, et qu'ils ajoutaient tous les trois ans un treizième mois pour se remettre au cours du solei I . Nous avons parlé de quelques peuples, comme les Mexicains, qui divisaient leur année en dix-huit mois de vingt jours et se raccordaient par des jours complémentaires. Nous venons de présenter diffé- ' renies sortes de calendriers qui mesurent et occupent les temps de diverses manières. Nous ne pensions pas qu'après le calendrier réformé par Grégoire XIII, formule qui jusqu'ici a conquis tous les suffrages, on songerait à renouveler quelque absurde système, comme l'utopie républicaine de Gilbert Romme et consorts. Cependant on a pu lire, il y a huit ou dix ans, dans la correspondance de M. Alexandre de Saint-Chéron, un projet nouveau qui, nous dit -on, n'est pas abandonné par ceux qui l'ont conçu. C'est l'œuvre des républicains socialistes; ils ont voulu perfectionner l'œuvre de 1792. Ils conservent les noms des mois et des jours du calendrier grégorien , ainsi que les semaines de sept jours. Chacun de leurs
Ù!i QUELQUES AUTRES CALENDRIERS. 383
mois, se composant de quatre semaines, commence par un lundi et finit par un dimanche. Chaque mois a sa consécration spéciale et chaque jour son patroq. Mais douze mois de vingt-huit jours ne font pas le compte de l'année; aussi ils la complètent par un treizième mois qu'ils appellent Final. De plus, leur année est partagée en trois périodes inégales, pendant chacune desquelles on honore dans la première l'antiquité, dans la seconde le moyen âge, dans la troisième la préparation moderne. Il y a là quelque chose de la triade de M. Pierre Leroux.
Janvier, février, mars, avril et mai forment la période de l'antiquité; juin et juillet, la période du moyen âge; août, septembre, octobre, novembre, décembre et final font la période de la préparation moderne.
Des jours de la semaine , le lundi est consacré au mariage; le mardi, à la fraternité; le mercredi, à l'amour filial; le jeudi, à l'amour paternel; le vendredi , à la domesticité; le samedi, à la mère ; et le dimanche à l'humanité.
C'est, comme on le voit, le culte de l'homme.
Le mois de janvier est consacré à la théocratie initiale etdédié àMoïse. Pendant lesquatredimanches, on doit célébrer les fêtes de Numa, de Bouddha , de Confucius et de Mahomet.
Le mois de février est consacré à la poésie antique et dédié à Homère. Pendant les quatre dimanches, on devra célébrer les fêtes d'Eschyle, de Phidias, de Plaute, de Virgile.
Le mois de mars est consacré à la philosophie
ancienne et dédié à Aristote; pendant les quatre dimanches on célébrera les fêtes de Thalès, de Pythagore, de Socrate, de Platon.
Le mois d'avril est consacré à la science ancienne et dédié à Archimède; pendant les quatre dimanches on célébrera les fôtes d'Hippocrate , d'Apollonius, d'Hipparque, de Pline l'ancien.
Le mois de mai est consacré à la civilisation militaire et dédié à César; pendant les quatre dimanches, on célébrera les fêles de Thémistocle , d'Alexandre , de Scipion, de Trajan.
Le mois de juin est consacré au Catholicisme et dédié à saint Paul; pendant les quatre dimanches, on célébrera les fêtes de saint Augustin, de Hildebrand (saint Grégoire VII), de saint Bernard, de Bossuet.
Le mois de juillet est consacré à la civilisation féodale et dédié à Charlemagne; pendant les quatre dimanches, on célébrera les fêtes d'Alfred le Grand, de Godefroy de Bouillon, du pape Innocent III, de saint Louis.
Le mois d'août est consacré à l'épopée féodale et dédié à Dante ; pendant les quatre dimanches on célébrera les fêtes de l'Ariosle, de Raphaël, du Tasse, de Mi lion.
Le mois de septembre est consacré à l'industrie moderne et dédié à Guttenberg; pendant les quatre dimanches on célébrera les fêtes de Colomb, de Vaucanson , de Walt, de Monlgolfier.
Le mois d'octobre est consacré au drame moderne et dédié à Shakspcare; pendant les quatre dimanches,
on célébrera les fêtes de Calderon , de Corneille , de Molière, de Mozart.
Le mois de novembre est consacré à la philosophie moderne et dédié à Descaries; pendant les quatre dimanches, on célébrera les fêtes de saint Thomas d'Aquin, du chancelier Bàcon, de Leibniz, de Hume.
Le mois de décembre est consacré à la politique moderne et dédié à Frédéric II ; pendant les quatre dimanches on célébrera les fêtes de Louis XI, de Guillaume le Taciturne , de Richelieu, de Cromwell.
Le treizième mois final est consacré à la science moderne et dédié à Biehal; pendant les quatre dimanches on célébrera les fêtes de Galilée, de Newton, de Lavoisier, de Gall.
Enfin il y aura un jour complémentaire ou deux , selon que l'année sera commune ou bissextile; le jour complémentaire commun sera consacré à la fête générale des morts. Le jour additionnel des années bissextiles sera consacré à la réprobation solennelle des rétrogradateurs de l'humanité.
Outre les trois cent soixante-quatre saints pour les treize mois de l'année, il y a encore des saints supplémentaires, ce qui donue un total d'environ cinq cents. Parmi tous ces nouveaux saints, dont le culte est destiné à moraliser l'humanité, on remarque : Hercule, Mahomet, Sapho, Anacréon, Tibulle, Ovide, . Marino, Boccace, Rabelais, madame de la Fayette, madame de Staël, Benvenuto Cellini, Carnot, madame Roland , lady Montague , Gœthe , Voltaire , Diderot, Cabanis, Buffon, madame de Lambert, Walpole, etc.
Au milieu de tous ces initiateurs et de toutes ces
illustrations de l'humanité , un scrupule est venu à l'inventeur de ce calendrier; il n'a pas osé écrire une seule fois le nom de Jésus-Christ. La raison de ce silence n'est pas donnée, mais il faut en féliciter l'auteur comme d'une scandaleuse profanation de moins.
La pensée était venue d'inscrire au nombre des nouveaux saints quelques personnages célèbres vivants. Des démarches ont été faites pour obtenir l'assentiment de plusieurs. M. de Blainville, le savant professeur au 'jardin des plantes, a été sollicité de vouloir bien se laisser inscrire au nom des saints proposés au culte de l'humanité. La modestie de M. de Blainville a décliné cet honneur; mais le savant professeur est mort depuis, ce qui fait craindre qu'il n'échappe pas à la gloire du culte humanitaire.
« Vous n'avez peut-être pas oublié, dit alors M. de Saint-Chéron , celte fête de la Fraternité , organisée le lendemain de la révolution de février par les républicains du National y et daus laquelle les bœufs aux cornes dorées, les vieillards et les jeunes filles, tous les attributs païens de l'humanité furent mis en scène. C'est là un essai du culte matérialiste inauguré par le calendrier qu'on vient de vous faire connaître. Or, il est bon de savoir que l'auteur de ce calendrier est M. Auguste Comte , le premier disciple de Saint-Simon, inventeur d'une philosophie dite réaliste, mais qui est aussi matérialiste et socialiste. »