Voyez Romania, t. VII, p. 135; Zeitschrift fur
romanisclte Philologie, t. U. p. 276; Tobler, Dit dou vrai aniel, 2e éd., p. 22. On peut supposer qu'en dehors des deux dialectes où Francia et frunca donnaient respective-
deux rimes; elle est surprenante au premier abord, mais elle n'est pas sans analogues1. En général, la langue de notre lai est très correcte, et par là même donne lieu à peu d'observations; elle ne présente pas non plus à la lecture de difficultés sérieuses.
ment France, franche et Franche, franke, il en avait trois autres : l'un qui disait France, franke, l'autre qui disait Franche, franke, et le troisième qui disait France, france. C'est à ce troisième (oublié dans le passage cité de la Romania) qu'appartiendrait notre rime, si on écrivait, comme je l'ai fait, largece et tece et non pas largueche et teche. On aurait dans ce cas affaire à une simple modification, relativement récente, du français normal; le tch originaire répondant à c latin devant a y serait devenu tç; c'est ce qui s'est produit en provençal, ou le ch de l'ancienne langue se prononce aujourd'hui, au moins dans le dialecte d'Avignon, tç>
1. Il est vrai qu'en général l'addition après Yn d'un t non étymologique a une raison qui n'existe pas ici; elle est d'ailleurs surtout habituelle en provençal (\oy. Romania, t. VII, p. 135; t. VIII, p. 410) ; mais il yen a en français des exemples incontestables.
Il avint jadis a un tans,
Bien a passé plus de cent ans,
Qu'il estoit uns riches vilains;
De son nom ne sui pas certains, 5 Mais riches ert de grant manière
De prés, de bois et de rivière,
Et de quant qu'afîert a riche orne :
Se dire vos en vueil la some,
Il avoit un manoir si bel 10 N'a bore, n'a vile, n'a chastel,
Se le voir vos en vueil conter.
En tout le inonde n'out son per.
Ne si bel ne si delitable ;
Li contes vos sembleroit fable, 15 Qui vos en diroit la façon :
Je ne cuit que ja mais face on
Tel donjon ne si riche tor;
La rivière coroit entor.
Qui tôt enclooit le porpris;
V. 7. « De tout ce qui convient à un homme riche. » 15. « Si on vous en disait. »