‹ Lègendes du Nouveau TestamentChapitre 76 sur 106 · PREMIÈRE LÉGENDE DE LA FIN DE PILATE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE LÉGENDE DE LA FIN DE PILATE

Plus la justice divine est lente , plus le châtiment s'aggrave. Valère-Maxime.

La fin de Pilate a donné lieu a beaucoup de légendes. Nous rapporterons les trois versions principales. Si les deux premières sont plus merveilleuses, la troisième est d'un plus grand intérêt ; car selon cette tradition des premiers temps, tradition qui était chère au treizième siècle, appelé le siècle de la charité , Procula , devenue chrétienne , suivit son mari dans la mauvaise fortune , et il dut à ses tendres soins, plus encore à ses prières incessantes, le bonheur d'ouvrir complètement son cœur à la foi et de se réconcilier à Jésus-Christ.

Suivant donc la première légende de la mort de Pilate, saisi par ordre de l'Empereur, tant à cause de son jugement inique, que de diverses concussions

dont il était accusé, il fut conduit à Rome. Dès que Tibère apprit son arrivée , il entra dans une grande colère, et ordonna qu'on le fît venir en sa présence.

Dans sa terreur, Pilate s'était revêtu , pour paraître devant son maître , de la tunique sans couture de Jésus-Christ, qu'il avait achetée aux soldats, lorsqu'ils l'eurent tirée au sort , pendant que le Christ souffrait sur la croix. Dès que Tibère le vit , par une merveille qui le surprit grandement, sa colère tomba tout entière ; et quoiqu'il voulût parler au coupable du ton le plus dur, il ne le put pas.

Mais Pilate ne fut pas plutôt sorti , que la fureur de l'Empereur le reprit. Il le fit donc rappeler, en jurant que cette fois il le punirait de mort, comme il le méritait.

A son aspect, derechef toute l'irritation de Tibère tomba encore. Les spectateurs étaient fort étonnés, et l'empereur plus que tous les autres.

« 11 faut, dit-il , que ce misérable porte sur lui un talisman. »

On découvrit qu'il avait sous sa robe la tunique de Jésus-Christ : on comprit l'effet qu'elle produisait. Tibère ordonna qu'on la lui ôtât, après quoi sa colère n'eut plus de frein.

Il fit jeter Pilate en prison , en attendant qu'on prononçât, son genre de mort ; on voulait qu'il fût honteux. Mais, avant qu'on l'exécutât, le criminel gouverneur se poignarda lui-même de sa propre main.

Tibère, à cette nouvelle, s'écria :

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