‹ Légendes et archives de la Bastille (volume 2)Chapitre 9 sur 56 · PREFACE. XV · texte numérisé non relu

PREFACE. XV

Car c'est encore une des rigueurs de cette affreuse Bastille, que de renvoyer les pauvres diables qui ont fait leur temps, avec quelques centaines de livres dans leurs poches, et de payer une indemnité aux détenus reconnus innocents. — Voyez ce que dit M. Funck-Brentano du sieur Subé, qui, pour dix-huit jours de détention, reçoit trois mille livres (six de nos jours), — ou d'autres, qui, détenus pendant deux ans, sont gratifiés d'une pension annuelle de deux mille quatre cents francs, au taux actuel ! — Voltaire passe douze jours à la Bastille. — On lui assure douze cents livres de pension viagère!

Parlez-moi de la justice contemporaine qui, après quelques mois de prison préventive, ren* voie le détenu, arrêté par erreur, sans autre indemnité que ce conseil amical : « Allez! et qu'on ne vous y reprenne plus!... »

Quelque loustic ne manquera pas de dire que je fais de la Bastille un séjour de délices. Epargnons-lui cette plaisanterie trop facile. Une prison est toujours une prison, si douce qu'elle soit ; — et la meilleure chère ne compense pas la perte de la liberté : — mais il y a loin, on

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