PRÉFACE. XXIX
françaises et déserteurs de toutes armes, clercs de la Basoche, et bourgeois exaltés; braves gens qui croient faire œuvre méritoiie, en se ruant sur ces murs inolTensifs; bandits accourus à l'émeute qui leur promet l'impunité du vol et du meurtre!... Et quantité de curieux!... Des curieux surtout!...
« J'ai assisté, dit le chancelier Pasquier, à la prise de la Bastille. Ce que l'on appelle le combat ne fut pas sérieux. La résistance fut complètement nulle. La vérité est que ce grand combat n'a pas un instant elfrayé les spectateurs, qui étaient accourus pour en voir le résultat. Parmi eux se trouvaient beaucoup de femmes, très élégantes. Elles avaient, afin de s'approcher plus aisément, laissé leurs voitures à distance. A côté de moi était Mlle Contât, de la Comédie-Française. Nous restâmes jusqu'au dénouement et je lui donnai le bras jusqu'à sa voiture (lui était Place Royale.
« La Bastille ne fut pas prise, il faut le dire, elle se livra! »
Qui parle ainsi? Miciiclet lui-môme, et il ajoute : « ce qui l'a perdue, c'est sa mauvaise conscience 1 »