‹ Légendes et archives de la BastilleChapitre 20 sur 59 · XXXIV PRÉFACE · texte numérisé non relu

XXXIV PRÉFACE

qui ce premier succès a donné la mesure de sa force, et qui se fait chaque jour plus exigeante, plus menaçante, la Révolution, dévoyée, ira trébuchant à chaque pas, jusqu'à l'orgie de 93, qui n'est, à proprement parler, que l'organisation du brigandage! — Malouct avait bien raison : ce que nous fêtons symboliquement, le 14 Juillet, ce n'est pas le soleil levant, l'aurore de la Liberté! — c'est le premier éclair de la Terreur!

Le docteur Rigby, après s'être promené toute l'après-midi dans le jardin Monceau, sans la moindre idée de ce qui se passe au faubourg Saint- Antoine, rentre le soir à son hôtel, voisin du Palais-Royal. — Il voit la foule dans l'ivresse. Hommes, femmes, rient, pleurent, s'embrassent : « La Bastille est prise ! — Enfin ! nous sommes libres! ! » — Et les moins enthousiastes ne sont pas ceux de la milice bourgeoise, qui, prêts hier à combattre l'émeute, acclament aujourd'hui son triomphe ! — Le premier sabre brandi par le premier garde national était déjà celui de Joseph Prudhomme!...

Tout à coup, cette foule en délire frissonne, — s'écarte, — avec des cris d'horreur....

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