I. Bibl. de l'Arsenal, Archives de la Baslillef
72 LKr.ENDES ET ARCHIVES DE LA BASTILLE.
môme, au témoignage de Poultier d'Elmolle. « De Launey, le gouveni ur, venait causer amicalement avec moi; il me faisait demander mon goût pour la nourriture et me faisait servir ce que je désirais. » Le libraire Hardy, transféré, en 176G, à la Bastille, avec des parlementaires bretons, déclare nettement qu'ils y furent tous on ne peut mieux traités '. Enfin Linguet lui-môme, malgré son désir de présenter le sort des victimes de la Bastille sous le jour le plus sombre, est obligé d'avouer que la nourriture y était abondante. Tous les matins le cuisinier lui faisait présenter un menu sur lequel il notait les plats de son goût.
Les pièces de comptabilité de la Bastille confirment les mémoires des anciens prisonniers. Voici, d'après ces documents, les repas que fit La Bourdonnais durant le mois dejuillet 1750. Chaque jour, le menu porte : bouillon, bœuf, veau, fèves, haricots verts, deux œufs, pain, fraises, cerises, groseilles, oranges, deux bouteilles de vin rouge et deux bouteilles de bière. Outre ce menu coutumier, nous notons, le 2 juillet, un poulet et une bouteille de muscat; le 4, une bouteille de muscat ; le 7, du thé; le 12, une bouteille d'eau-de-vie; le 13, des fleurs ; le 14, des cailles ; le 15, un dindon ; le 16, un melon ; le 17, un poulet ; le 18, un lapc-