Mémoires de la Parle, t. II
respire » ; se faisant environner de gardes, « comme un tyran qui craint les efforts du désespoir.
Il lui semble que tous les hommes qui l'approchent sont des assassins, tous les doigts des poignards, tous les fers de leurs esguilettes des stilets. » Celui qui le dépeint ainsi et qui le con-' naît bien, l'a vu se complaire au récit de ses terreurs, les feindre même, quand il ne les ressentait pas. Ce que, par contre, il ne put dissimuler, c'est la sombre mélancolie qui presque jamais ne le quitta, et dont, seul, le souci des affaires put le distraire.
Lypémaniafjue semblerait excessif; mélancolique,qui le contesterait? Mais la mélancolie n'estelle pas le lot des esprits supérieurs, le signe d'élection, irions-nous jusqu'à dire, auquel ils se reconnaissent ?