Journal de Mathieu Marais, avril
2. « Le propre jour que le maréchal de Villeroy est venu à Versailles, on a découvert que le jeune duc de La Trimouille, premier gentilhomme de la chambre, lui servait plus que de gentilhomme et avait lait de son maître son Ganimède. Ce secret amour est bientôt devenu public, et l'on a envoyé le duc à l'Académie, avec un gouverneur pour apprendre à régler ses mœurs; le Roi a dit que c'était bien fait. Voilà donc le jour des mignons et l'image de la tour d'Henri III. Le lendemain, on a proposé de marier ce jeune seigneur avec mademoiselle d'Evreux, sa cousine germaine, Mlle du duc de Bouillon et de sa première femme, qui était La Trimouille, ce qui a été agréé du Roi, qui a bientôt sacrifié ses amours. » Journal de M. Marais, juin 1724. Voltaire, dans une lettre à la prési-
petit prince à la tacitiirnité, en insistant auprès de ses précepteurs sur le besoin de discrétion, « qualité plus essentielle à un roi qui veut se faire craindre et respecter «.Il invita l'Académie à faire de « la Discrétion des Princes » un sujet de concours et pria les ambassadeurs de glisser, le plus souvent qu'ils pourraient, l'éloge de cette vertu dans leurs dépêches au Conseil de la Régence'. Le jeune Louis n'eut pas grand effoi-t à faire pour se montrer docile aux avis du Régent; il n'eut qu'à obéir à son naturel, 11 avait la paresse de parler, comme il aura plus taid la paresse d'agir'-.
Avant (juil ait essayé de poiLer lui-même sa couronne, il seiul)le qu'on n'ait rien tenté pour corriger ses instincts; qu'on ait, au contraire, tout fait pour développer ceux (|iii sommeillaient en lui.
D'un caractère la(piiii, souvent grossier, malicieux, volonlaiiT\ opiniâtre, c'est l'enfant gâté à qui l'on passe Ions ses caprices, si cruels soient-ils.
fiente de Bernières, relate l'incident en termes plus nets, si possible. Le maréchal de Villars, plus discret, se contente d'observer qu' « il y avait apparence de quelques familiarités ».