‹ Légendes et curiosités de l'histoireChapitre 62 sur 99 · Cf. Revue rétrospective, de Taschereau, t. [V · texte numérisé non relu

Cf. Revue rétrospective, de Taschereau, t. [V

J'ai l'honneur cïêlre avec respect, Madame la Duchesse, votre très humble et très obéissant serviteur.

Le Bod de Breteuil.

Malgré le ton optimiste des personnages officieux, la santé du premier Dauphin causait de vives alarmes ; et lorsqu'il succombera, quatre ans plus tard, à un mal de nature nettement tuberculeuse, on ne manquera pas de dire que celuici a été la conséquence de l'inoculation.

La maladie qui devait l'emporter avait présenté, en réalité, des rémissions, comme on l'observe assez souvent. C'est probablement ainsi qu'il faut interpréter le certificat que signaient les archiatreâj a la date du l'1 mai 1787, et dont nous avons eu connaissance seulement en feuilletant le dossier de l'inoculation.

Nous soussignés certifions cejourd'hui Premier mai mil sept cent quatre vingt sept à huit heures et demie du malin, que nous élanl transportés par ordre du roi en l'appartement de Monseigneur le Dauphin, avons trouvé ce Prince jouissant d'une bonne santé, ayant ses vingt dents, avons reconnu que sa conformation est dans l'état naturel, et qu'il n'y a rien à désirer dans la constitution de toutes ses parties ; avons remarqué seulement à chacun des bras une cicatrice résultante des vésicaloires qui lui ont été appliques dans sa plustendre enfance, et que l'on avoil jugé à proposa" entretenir . En foi de quoi nous avons .signé le présent procès verbal pour servir et valoir ce que de raison le jour et an que dessus.

Signé : Lassoise. Le Monnik, Brunyer, Andolillé. Lous-

TAUNAU, LaSSONE fils. ÛHAVIGNAC, Bl.ANOl/IÉ.

L'amélioration n'était que passagère; la phtisie allait faire, lentement et sûrement, son œuvre. Après des alternatives de découragement et d'espoir, la reine avait la douleur de voir succomber son fils entre ses bras, le 4 juin 1789.

L'enfant qui lui restait annonçait une plus forte constitution. Sa première enfance ne fut traversée que par des indispositions sans gravité.

Il avait à peine terminé sa troisième année, quand il fut question de le faire inoculer. Le 11 mai 1788, le lieutenant de police convoquait k son cabinet M. Jauberthon, qui avait déjà inoculé le premier Dauphin, afin de lui donner tous les détails nécessaires sur la santé et la conservation du prince qui devait être soumis à la même opération.

L'inoculateur se présentait dès le lendemain chez M. Thierry de Crosne, le Lépine de l'époque, et lui donnait tous les renseignements utiles.

On remettait au contrôleur de la bouche de la reine la liste des viandes et des légumes à servir ta l'enfant royal. Le 14 mai, la Gazette de France insérait cet avis :

« Le Roi, la Heine, Mme Elisabeth de France se sont rendus, le 14 de ce mois, au château de Saint-Cloud Mgr le duc de Normandie, qui doit y être inocule et Madame, fille du Roi, s'y étoient rendus la veille. »

Cependant, le lieutenant de police ne restait pas inactif; il mettait en campagne ses plus fins limiers, chargés de prendre des informations sur les sujets destinés à servir pour l'inoculation de Mgr le duc de Normandie ] : celui-ci ne portant pas le nom de Dauphin, puisque son frère vivait encore. La lettre qu'écrivit, à cette occasion, M. de Crosne à Mme de Polignac, restée inédite comme les précédentes, nous apprend ce détail imprévu, qu'on avait un instant songé à prendre la fille du sieur Léonard, coiffeur de la Reine, comme portegerme ; on va voir les raisons qui firent renoncer à ce projet.

A Paris le i 4 maij 1788.

Madame,

J'ai eu l'honneur de vous écrive Lundi dernier, que j'ailois m'occuper des informations que vous désiriez faire prendre sur les sujets qui seroienl désignés par M. Jauberton pour servir à Vinoculalion de Monseigneur le Duc de Normandie. Le premier enfant qui a élé indiqué appartenoil à des parens qu'on a sue qui vivoient séparés : celle circonstance ayant paru défavorable, M.Jouberîon a fait de nouvelles recherches et il a appris qu'il y avoitau Gros-Caillou un autre Enfant qui avoit la petite vérole : j'y ai envoyé deux officiers de police, ils ont trouvé les Père et mère de ! cet enfant jouissant de la meilleure santé. Les écloirci , mens qu ils ont pris sur leur conduite étoient satisfaisants, mais un de leurs enfans était décédé depuis peu de la petite vérole, ce qui a paru un motif d'exclusion. M. Joubevton

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