XVI. Chaque associé donne 5 centimes par semaine
XX. Le conseil supérieur distribue les fonds et en fait la répartition.
LÉGENDES RÉVOLUTIONNAIRES. l'J
J'ai cité ces deux derniers articles d'après M. de Vaulabelle ; mais comme j'ai, moi aussi, en ma possession un exemplaire de ce Règlement, je rétablis ici leur texte :
XVI. Chaque associé donne en aumônes pour les missions 5 centimes par semaine.
XX. Le conseil supérieur distribue les fonds, il en fait la répartition selon les besoins des diverses missions.
Ce terrible Règlement,— \q lecteur l'a déjà deviné, — n'était pas autre chose que le règlement de V Association de la Propagation de la foi. 11 n'avait trait qu'aux missions étrangères, aux missions d'Asie et d'Amérique, et c'est ce que déclarait expressément l'article 2 : « L'Association a pour but d'étendre la société des fidèles catholiques en aidant de tout son pouvoir les missionnaires chargés de répandre les lumières de la foi parmi les nations étrangères, de l'un et de Vautre hémisphère. » M. de Vaulabelle a eu bien soin, en reproduisant cet article 2, de supprimer les mots que j'ai soulignés, afin de laisser croire à ses lecteurs qu'il s'agissait ici d'une association ayant pour objet d'aider de tout son pouvoir les missionnaires de France, les missionnaires du P. Rauzan. Après avoir dit que c'était là une de « ces associations multiples fondées par la Congrégation, » il ajoute : « Tout se tient, tout se lie, dans cette association criminelle {V Association de la Propagation de la foi! ! !). La correspondance la plus régulière rattache entre elles les parties les plus éloignées de ce corps monstrueux. Au signal du conseil supérieur, les ordres partent, les instructions volent jusqu'aux extrémités du royaume. En quelques jours les sectaires ont reçu les commandements de Montrouge. L'activité des signaux du gouvernement cède à l'activité des télégraphes jésuitiques.... La France se trou-
vait positivement enveloppée dans un vaste réseau de sociétés religieuses secrètes, suscitées, dirigées par la Compagnie de Jésus, sociétés comptant dans leur sein des enfants et des femmes, des écoliers, des cardinaux et des rois, et qui, sous des formes diverses et des titres variés, n'étaient en réalité que le jésuitisme luimême ^ »
M. de Vaulabelle aurait pu savoir (mais l'ignorance n'est-elle pas une des forces des historiens révolutionnaires ?) que les Jésuites et les chefs de la Congrégation n'étaient pour rien dans la fondation de la Propagation de la foi. Sa fondatrice était une hmnble jeune fille de Lyon, Pauline-Marie Jari«ot, qui avait pour directeur non un membre de la Compagnie de Jésus, mais un vicaire de Saint-Dizier, l'abbé Wurtz 2. Mais ce sont là menus faits et broutilles dont nos gens ne s'embarrassent guère dans l'école à laquelle appartient M. de Vaulabelle. Il lui parait plus expédient de montrer que la Congrégation a ses finances « comme la puissance publique, » et de lui constituer un Irésor de guerre avec l'argent recueilli par les associés de la Propagation de la foi. Ce trésor monte, tout de suite, à plusiem^ millions. « Des calculs, dit-il, évaluaient à plusieurs millions le produit total, pendant les quatre dernières années (de juin 182i2 à mars 1826), du sou de cotisation imposé, chaque semaine, aux affiliés des deux sexes. »
Dès l'origine, comme maintenant, le conseil supérieur de la Propagation de la foi rendait très exactement ses comptes et publiait, dans les Annales de VAs-