ET PUBLIQUES, CHAPITRE II
pas une profession, c'est la conclusion naturelle et nécessaire de la société domestique, lorsqu'elle est fixée, comme la chasse
est sa condition naturelle tant qu'elle est errante; et c'est ce qui fait que l'agriculture e1 la chasse sont également honorables. La famille nomade qui tient le milieu entre la famille civilisée ou fixée sur le sol, et la famille en état sauvage, vit du produit de ses troupeaux : subsistance moins précaire que celle que fournit la chasse, mais moins assurée que celle que l'homme tire de l'agriculture .
Ceux donc qui se livrent exclusivement aux professions domestiques sont dans un état général de dépendance domestique, puisqu'ils sont au service de la famille, et qu'ils vivent de leur travail et de ses besoins.
La société publique a aussi ses besoins. Elle a besoin d'une action publique continuellement exercée sur un grand nombre d'hommes, pour régler leurs volontés et leurs actions personnelles : cette action publique s'appelle culte, discipline, dans la religion; gouvernement, administration, dans l'Etat. Elle est, dans l'une et dans l'autre société, la fonction de connaître les lois, et de contraindre les sujets à les observer; ce qu'on appelle juger et combattre. Ceux qui servent à cette occasion s'appellent ministres, du mot ministrare, qui veut dire servir. Ce sont les prêtres dans la religion, les magistrats ou guerriers dans l'État, et leur emploi ou fonction s'appelle devoir ou office, officium, ou même service. Ceux-là sont les serviteurs de la société, et trop souvent elle les traite comme des esclaves. Ils jugent, ils combattent, ils périssent pour elle, et quelquefois par elle. Ce sont les hommes publics, et leur distinction, parmi étrange renversement de toutes les idées, passait, et même à leurs propres yeux pour une prérogative, lorsqu'elle n'était qu'une servitude. «Que celui d'entre vous qui veut être le pre- » mier, soit le serviteur des autres, » dit le pouvoir universel à ses premiers ministres.
Ces professions domestiques ou publiques sont nécessaires à la société domestique ou publique, et Ton ne peut pas plus concevoir l'existence de la famille sans des professions de maçon, de tailleur, etc., qui la défendent (les injures des saisons, que L'existence de l'Etat et de la religion sans des professions de magistrats et de prêtres, qui les défendent contre les passions des hommes.