‹ Législation primitive considérée dans les derniers temps par les seules lumières de la raison;Chapitre 39 sur 164 · CONSTITUTION DE LA SOCIÉTÉ DOMESTIQUE · texte numérisé non relu

CONSTITUTION DE LA SOCIÉTÉ DOMESTIQUE

La société domestique est formée nécessairement do trois personnes domestiques présentes ou supposées, actuelles ou éventuelles, rapprochées partes manières d'être physiques et

individuelles de père, de mèi e, déniants, unis par les rapports sociaux ou généraux de pôutfbir) de ministre et de siyet, qui sont les mêmes que les relations universelles ou rationnelles de cause, de moyen el d'effet.

Ces rapports, et les lois qui les déclarent, forment la constitution de la société domestique.

Le pouvoir est un, indépendant, immuable, et même il peut survivre à l'homme jusqu'à être perpétuel dans ses dernières volontés et ses dispositions testamentaires (a).

Le père de famille a le pouvoir de manifester sa volonté par des lois OU ordres, et de les faire exéeuter; mais comme il n'est que le ministre immédiat de la Divinité, pour la reproduction et la conservation des êtres, il ne peut porter des lois que comme des conséquences naturelles des lois fondamentales, ni employer les personnes el lès propriétés de la famille que pour •les lins de reproduction et de conservation.

Le père de famille sera honoré, o'est-à-dire aimé et respecté! et tes volontés obéies comme celles de Dieu, dont son pouvoir émane, lorsqu'elles ne sont pas évidemment contraires à des lois (\\\\\ ordre supérieur à L'ordre domestique.

La mère de famille participe du pouvoir domestique, dont elle est l'agent m iessaire ou le moyeu naturel. Son autorité esl non égale, mais semblable à celle de son époux, el lui est

subordonnée; elle est inamovible, parce que le lien conjugal est indissoluble. La séparation de corps et de biens, qui suspend l'exercice de son autorité, ne peut lui en ôter le caractère (b).

YIÏ.

La mère de famille sera honorée comme le père, et ses ordres respectés comme ceux de son époux.

vm .

Les enfants n'ont dans la famille que des devoirs à remplir , et ils sont toujours mineurs ou sujets dans la famille, même alors qu'ils sont majeurs dans l'Etat (c).

Les devoirs des enfants sont d'honorer leurs parents, ou ceux qui les représentent , et de leur obéir en tout ce qui n'est pas évidemment contraire à des lois d'un ordre supérieur.

Les parents ascendants, à raison de leur proximité du père et de la mère, participent du pouvoir domestique, et les enfants leur doivent à tous, dans la même proportion, honneur et déférence.

Les vieillards participent de la paternité à raison de leur âge, et les plus jeunes leur doivent, en cette qualité, de la déférence et du respect.

Les hommes faibles d'esprit ou de corps, de sexe, d'âge, de condition ou de conduite, participent tous des infirmités de l'enfance, et ont besoin de protection. Les hommes plus forts de moyens naturels ou acquis doivent être pour eux comme dos pères de famille, ministres de la Providence pour leur faire du bien ; Unicuique Deus mandavit de proximo suo. La société est toute paternité et dépendance, bien plus que fraternité et égalité.

Les hommes, quels qu'ils soient, ayant tous la même origine et la même fin, quelques-uns dans la même famille, plusieurs dans le même État, tous dans la religion pères et frères les uns

r.IVUF II, CHAPITRE vin. 109

des autres ; et sujets aux mômes besoins, sont, les uns à l'égard des autres, dans un état de société mutuelle qurmel entre eux tous «les rapporta de service, d'affection, de dépendance : unique raison, non-seulement de l'assistance réciproque, mais même dr> signes extérieurs d'honnêteté et de bienveillance que les hommes se doivent les uns aux autres dans le commerce de la vie (<l).

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