Id., Théologie, vol. IV, 7, f
éternelle vie. Je souhaite le même bonheur à tout le monde, mais surtout à des personnes qui méritent autant que M. Sténon qu'on prenne part à leur conversion ^ ».
On voit que si Leibniz déplore le dédain grandissant de Sténon pour les sciences, il ne méprise pas son effort religieux. D'ailleurs, tous ces papiers, maintenant bien figés et bien froids, nous résument peut-être des conversations vivantes. L'une d'entre elles, parmi tant d'autres, nous est laissée : Conversatix) cum domino cpiscopo Stenonio de libertate, 31 novembre 1617-.
Cependant, en même temps que Sténon, en septembre ou octobre 1677, était arrivé à Hanovre un nouveau pasteur, Petersen, qui avait connu Spenerà Francfort. Dès que Sténon apprit que Petersen prêchait en toute sincérité, il le vint voir en compagnie de quelques moines, et le pria, non de commencer avec lui une controverse, mais de bâtir avec lui. 11 fut si mal reçu qu'il ne revint pas ; à sa place, il envoya un certain Jacob Rautenfels, auquel se joignirent bientôt des Jésuites. D'autre part, un écrit de l'Empereur dénonçait à Jean-Frédéric ce pasteur qui outrageait la religion romaine. Sténon, alors, essaya de séduire Petersen par la promesse de belles places, s'il consentait à se convertir. Mais Petersen demanda qu'on lui prouvât d'abord la vérité catholique ; et, comme Jean-Frédéric, quoique souverain catholique, le protégea désormais officiellement, il commença de souffrir les injures d'autres pasteurs protestants. Finalement, il dut
1. Inédits, Théologie, vol. IV, 7, f<» 14. Au bas de la page copiée : très finement écrit.
2. Inédits, Philosophie, vol. IV, 3 c, f"» 12-17. Ni les Archives d'État de Hanovre, ni les Archives de la Propagande à Rome ne contiennent de renseignements relativement aux rapports de Leibniz et de Sténon. [Renseignements obligeamment communiqués par M. Kôcher.J
B.\RUzi. 17
L EGLISE UNIVERSELLE
en appeler à Molanus, abbé de Locciim, et quitta Hanovre en 1678\
Ce Molanus, pasteur prolestant que Jean-Frédéric avait nommé président du consistoire à Hanovre, fut également connu de Leibniz en 1()77'. Disciple de Georg Calixlus et de l'Université de Helmstiidt, il avait été modelé par des maîtres depuis longtemps désireux d'unir les Eglises. En etfet, tandis que la Cour romaine s'efforçait de regagner lentement les pays perdus, certains Protestants entre[)renaient de retrouver, par delà les divisions, ceux des dogmes où toutes les Eglises s'accordaient, môme inconsciemment. L'influence de l'Université de Helmstiidt % en particulier, dut être immense. Fondée entre 1574 et lo7G, elle comptait vers 1G30 plus de seize mille étudiants et s'offrait aux pauvres tout en maintenant son action sur les riches*. Un de ses maîtres, Calixtus, essayait de retrouver Funion théorique, fondamentale, des Églises. Il écrivait dès 1G4G : a Je ne veux nullement dissimuler que, depuis de longues années, j'ai eu à souci et à cœur la concorde ecclésiastique; et jusqu'ici j'estime que, par cette concorde dont j'ai parlé, non seulement l'Eglise serait ramenée à son ancien état, mais la république générale du monde chrétien pourrait être sauvée de la mort *. ^) De telles paroles, sans doute
4. Cf. Kocher, Ilerzog Johann Friedrich, Biscliof Sténo, unii Pastor Pelersen in llannover a p. Zeilschr. des hist. Vereins f'iir Niedersachsen, J899, loc. cit. Cf. ici pp. 209-21J.