Id., t. I", p. 175. Lettre ix M""» de Brinon
4. Id., t. I", p. 18. « On traitait même le pape d'Antéchrist et Rome de Babylone. »
5. Bossuet : Hist. des Variatioîis, 1. X, édit Guillaume, t. III, p. 321 . Cf. Lettre inédile au R. P. Quesnel, 12 mars 1707 : « l':t c'est une chose certaine à mon avis que croire ou rejeter n'est pas un acte qui dépende directement de notre volonté. »
LA RECHERCHE DE LA VRAIE ÉGLISE
soumettent à ses décisions ultérieures, réclament même la réunîon d'un Concile \ voient enfin le Pape comme leur père commun; ne devons-nous pas leur répondre qu'ils souffrent seulement d'une erreur de fait moralement invincible, abondamment guérie par leur « obéissance ? » En vérité, si les Protestants, au lieu d'être déjà sé[)arés, se trouvaient unis dans le corps de l'Église, les excommunierait-on pour quelques divergences dogmatiques, tandis qu'ils affirmeraient un tel amour? Ne ressemblent-ils pas dès lors aux Quiétistes, aux Jansénistes, aux Gallicans, que Rome déplorerait devoir
se séparer" ?
Il ne s'agit pas ici de tous les Protestants. Jamais Leibniz n'a déclaré « catholiques » les Protestants immobilisés en une secte. Là-dessus sa doctrine est formelle. Comme Pellisson écrivait un jour avec sa coutumière banalité : « Une bonne partie de l'Allemagne s'ennuie il y a longtemps d'être appelée luthérienne », Leibniz met brusquement en note: « On a tort de s'appeler luthérien ^ » On pourrait hésiter sur l'interprétation de cette étrange réponse, si deux textes inédits ne nous éclairaient définitivement. L'appellation de luthérien paraît à Leibniz tout à foit indigne de l'Église. Une telle appellation, extraite d'un homme, devient contentieuse auprès des autres Chrétiens. On sait d'ailleurs combien le nom de secte fut blâmé par la i)rimitive Église \ En définitive, le
4. F. de Careil, éd. cit., t. H, p. 63 : « Judicium doctoris calholici ».