Id., t. III, p. 41. Dernières lignes du pampiilet
LES JÉSUITES
Actuellement, affirme Leibniz, Louis XÏV favorise les Infidèles. Au moment du siège de Vienne par les Turcs, lui-même assiège Luxembourg. 11 s'arrête un instant, mais se ressaisit et brave l'opinion. Bientôt, on le voit intriguer auprès de Sobieski \ interdire les desseins libérateurs de la Pologne ; finalement il exprime sa joie de la victoire polonaise €n laissant comprendre son dépita Quelques-uns prétendent qu'il craignait une guerre offensive de l'Empire contre la France. En réalité, la guerre contre les Turcs était tout près de devenir décisive. L'union des Chrétiens se généralisait; <leux ou trois campagnes, et l'on allait pouvoir délivrer la Grèce et les autres provinces opprimées par les Turcs ^
Leibniz, il est vrai, exagère fortement la solidité de cette union « chrétienne )>. Il omet volontairement de nous dire la mesquine jalousie de l'Empereur, dont témoignent les lettres poignantes et candides de Jean Sobieski \ Certes Sobieski croyait combattre pour le chi'istianisme. Mais qui, autour de lui, comprenait sa hauteur ? Bientôt haï des Hongrois, des Impériaux et des Polonais mômes, il était sommé de ménager, avant tout, l'armée. « Oui, sans doute », répondait-il, « au commencement d'une campagne, mais point vers la fin ; car l'année prochaine, il peut n'y avoir pas de guerre, et il faut cent ans pour retrouver une pareille fortune \ » Finale-
1. Louis XIV avait d'abord fait des avances à Sobieslii. Cf. Inslnictions données aux Ambassadeurs; Pologne, t. 1er, p. 140. « Lalliance qui a toujours été entre la France et la Pologne na jamais été plus étroite que dei)uis que le roi de Pologne, qui régne aujourd'hui, est monté sur le trône » (10 avnl 16/(5). Instruction donnée au marquis de Bétliune.
2. F. de Gareil, éd. cit., t. III, p. 93. Remarques sur un manifeste franrais.