Id., t. i*^', p. 41)d. xMème leltre
3. Rommel, éd. cit., t. II, p. 4:n. Cf. Lettre inédile au comt ' de Bonneval, 17 mai 1710, où Leibniz souhaite avoir à Vienne 1 avantage de consulter le manuscrit du Concile de Trente.
L OBSTACLE
tente une indulgence provisoire? De là, l'exemple du Concile de Baie; delà, les recherches historiques sur l'authenticitédu Concile de Trente. Un docte de la Sorbonne, l'abbé Pirot, au lieu de ré[)ondre par une simple lettre aux objections de Leibniz, rédigea toute une dissertation sur le Concile de Trente'.
Leibniz fut donc amené à exprimer longuement son opinion. Bossuet lui-même, dimsV Histoire des Variations, écrit que jamais le Concile de Trente ne déclara représenter l'Eglise universelle. Peu importe, d'ailleurs, ajoute-t-il, « puisque ce n'est pas cette expression qui constitue un Concile'. » On doit se demander uniquement si le Concile a été reçu. Leibniz ne réclame pas autre chose. Mais il parle d'une « réception » moiFïS mystique, et toute politique. Le Concile a-t-il été reçu en h'rance?
En ce qui regarde la foi, les Catholiques pi'étendent que tout fidèle, en France, approuve le Concile. Sans doute; mais on peut tenir une opinion pour véritable sans proclamer pour cela qu'elle est de foi, c'est-à-(hre sans obliger ses adversaires, sous peine d'iiérésie, à la professer également*'. Par exemple, le clero'é de France ju^'e véritables les déclarations de l'Eglise gallicane et cependant n'accuse pas les docteurs italiens ou espagnols (pii pensent diiTércmment. D'autre part, les particuhers peuvent considérer le Concile comme œcuménique, tandis que l'opinion de la nation est contraire. On a vu des
1. F. de Gareil, éd. cit., t. !«-, p. Sfi^. Lettre de Pelli.sson à Leibiiiz, 20 juin 1G9'2 : «... Je vous annonce un grand ouvrage de iM. l'abbé Pirot, que vous devez mettre sur votre compte et dont vous êtes l'uniciue cause. »
2. Bossuet, Uist.des Variât. Livre Vil, éd. (îuillaume, t. IlL p. ±li.VS. Pallavicini : htovia del ConcUio di Trenta, Boma, 10:>t)-o7. L. VI, ch. v et VI ; cf. Traduction Iranvaise de Migne: Montrouge, 1844, pp. 45-49. Môme théorie.
3. F. de Gareil, éd. cit., t. I"', p. 4:i3. «Réponse de Leibniz au Mémoire de l'abbé Pirot touchant rautorité du Concile de Trente. »
L EGLISE IINIVERSELLE
assemblées transformant, par le fait môme de la réunion, l'opinion des particuliers ; et en cela peut-être consiste le privilège spirituel des conciles œcuméniques. Le Saint Esprit serait ainsi la transposition surnaturelle de TEsprit universel^
Or, le Concile n'a pas été « reçu » en France. Henri 11 déclarait, dans une lettre aux Pères de Trente, qu'il ne reconnaissait pas le Concile comme général, parce qu'on Favait réuni à un moment où la guerre avait empêché les Français de s'y rendre-. En effet, pendant l'absence des représentants français furent traitées d'aussi graves questions que la Pénitence et l'Eucharistie ^ Les ambassadeurs français, irrités de la prédominance accordée, sur l'ordre de Pie IV, à l'ambassadeur d'Espagne, se retirèrent à Venise. Ils protestèrent contre la suppression de la liberté du Concile et contre la violation des libertés gallicanes \ Finalement, ils s'insurgèrent contre les décrets du Concile. Pour procéder légitimement, il eut fallu reprendre toutes les questions qui avaient été traitées en l'absence des nations allemande et française \
Le Concile, bien loin d'avoir été accepté en France, y fut donc en réalité récusé. Les particuliers s'inclinèi*ent-ils volontiers devant lui? Il ne semble pas que ce fût là l'opinion du président de Thou^
D'après les comptes rendus des Etats Généraux de 1G14, la majorité des membres paraît avoir été contre le Concile.