‹ Leibniz et l'organisation religieuse de la terre [microform]Chapitre 214 sur 306 · Klopp, éd. cit., t. VI, p. 111, phrase déjà citée · texte numérisé non relu

Klopp, éd. cit., t. VI, p. 111, phrase déjà citée

L EGLISE UNIVERSELLE

L OBSTACLE

idéale « cFiine manière plus noble que dans elles-mêmes » ; mais, non pas en se diminuant ; car alors comment maintiendraient-elles leur essence? Semblables à un thème musical, qui, d'abord isolé en apparence, puis, sans se répéter formellement, s'intègre sans cesse à de plus nombreux éléments, grâce auxquels d reparaît agrandi tout en restant lui-même, les Églises trouveraient leur essence non pas tant en leur nature actuelle que dans l'Eglise complexe et monadique qu'elles projetteraient.

Métaphvsiquement donc, le maintien des diversités religieuses est conciliable avec l'union . Mais, pratiquement, selon quelle formule réaliser, dans le monde concret du xwif siècle, Tunion des Protestants entre eux ?

Essentiellement, Leibniz voulait organiser les Protes(ants. Dès 1G82, il se souciait des Protestants hongrois, qui furent traqués comme des criminels par les Impériaux ^ « Ce n'est pas... le temps », écrivait-il, « de faire tout céder au zèle de sa religion, particulièrement si les sujets qui en professent une contraire ont quelque ressource » ; ou alors, il faut réussir et anéantir -. Et pourtant, il eût suffi, selon le mot du comte Forgatsch, que l'Empereur s'écriât : « Ego amo Hungaros\ » Pourquoi les Protestants abandonnent-ils ainsi leurs frères, et n'imitent-ils pas l'union cathohque de l'Angleterre, de la France et de l'Empire * ?

A une union de même sorte Leibniz travaille visiblement, en particulier depuis 1G88 environ. Il essaye de rapprocher

\. Klopp, éd. cit., t. V, pp. 178-179, p. 168 et p. 180.

Page 1