Phrase déjà citée plus haut et analysée pp. 318 sqq
L OBSTACLE
lée de Dieu. Mais il ajoute : Dieu ne révèle point de nouvelles vérités; aucune nouvelle révélation n'est possible ^ « C'est la foi expresse du Concile de Trente que toute vérité révélée de Dieu est venue de main en main jusqu'à nous^ » Aucun Concile ne décide donc de nouvelles vérités, mais c( déclare » seulement celles qui ont toujours été crues. Non que le dogme ne s'enrichisse pas : Bossuet dans son grand ouvrage dirigé contre Richard Simon : La Défense de la Tradition et des Saints-Pères, a sons cesse travaillé à distinguer la (( variation » et l'enrichissement. « La face de l'Éo'lise est une », y disait-il, « et sa doctrine est toujours la même ; mais elle n'est pas toujours également claire, également exprimée ^ » Un Jurieu par exemple affirme que l'Église a varié et que les mystères de la Trinité et de l'Incarnation sont demeurés informes jusqu'à Nicée*. Cependant, si l'on étudie les textes, on s'aperçoit que la Trinité et l'Incarnation sont exprimées par les Pères Anténicéens. Ceux qui ont suivi Nicée les ont seulement exposées plus clairement, à cause de la précision des objections. Si Arius nie l'éternité du Fils, c'est l'éternité du Fils que Nicée doit fixer ; si d'autres refusent de croire à l'Esprit, c'est la nature de l'Esprit que doit décider Constantinople ; et, pour établir ces croyances, on n'invente pas, mais on se fonde sur tous les Pères : Notre foi, disait-on, a été de tout temps. Mais vous, ô Ariens, «quels Pères nous nommerez- vous? » On se rattachait à la tra-
1. F. de Careil, éd. cit., t. II, p. 283. Lettre de Bossuet à Leibniz, du 9 janvier 1700.