Inédits, Théologie, vol. VII, 5, f
L OBSTACLE
toujours proportionnelles à des vérités pratiques* . Ni l'élection, ni la réprobation ne sont arbitraires ; elles sont seulement irréductibles à toute prévision ou à tout calcul humains, et relèvent profondément de l'harmonie universelle ^, si bien que la vraie formule, capable d'unifier les points de vue des Réformés et des Evangéliques, substitue à la volonté d'élection ou de réprobation la volonté de permettre l'élection ou la réprobation à cause des plus grandes raisons de la sagesse et du bien "\
Si ces trois schémas sont exacts, une union des sectes est concevable, et se pourra extérieurement figurer par une liturgie sensiblement empruntée à l'anglicanisme et au catholicisme romain*.
L'union des sectes protestantes ne devait d'ailleurs pas rester toute théorique. Une expérience fut tentée au temple de Kœnigsberg le 10 juillet 1707 ^ Le ministre réformé prêcha sur l'Evangile et lut le formulaire de la Gène, selon l'usage de l'Eglise réformée ; la prière finie, le ministre évangélique s'approcha aussi de la Table : de ses mains, les communiants reçurent la coupe; de celles du ministre réformé, le pain rompu. A la fin, le ministre évangélique rompit le pain pour son frère en Jésus-Christ et lui donna
1. Inédits, Théologie, vol. VII, 5, f» 9 : « Jam vero décréta seii volunlates sunt veritatibus practicis proportionales. »