Id., t. VI, p. 241. Ihéodicée, par
tout phénomène provisoirement inexplicable, ou irréductible aux forces connues, aucune différence ne sera saisissable entre la « nature » et le(( miracle » ; mais aussi, ni la nature ni le miracle ne seront définis avec précision ; et il faudra dire que (c tout sera également naturel, ou tout... également miraculeux^ )). « En bonne philosophie, et en saine théologie, il faut distinguer entre ce qui est explicable par les natures et forces des créatures, et ce qui n'est explicable que par les forces de la substance infmie. 11 faut mettre une distance] infmie entre l'opération de Dieu qui va au delà des forces des natures, et entre les opérations des choses qui suivent les lois que Dieu leur a données, et qu'il les a rendues capables. y de suivre parleurs natures, quoiqu'avec son assistance-. »
Bien des phénomènes sont naturels, dont l'origine se révélerait miraculeuse. Le monde lui-même est un miracle. Et ainsi se réconcilient dans le leibnizianisme essentiel la « nature » et le « miracle ». Les Cartésiens nous ont trop accoutumés à déclarer la nature simple et- aisée. Quelque effort désespéré pour briser les cadres de nos esprits nous fera comprendre la fusion progressive de l'ordre et du miracle hors de nous, de la raison et de la foi en nous. « Cela passe notre imagination, cependant on sait que cela doit être ;... de sorte qu'on peut dire que toute la nature est pleine de miracles, mais de miracles de raison , et qui deviennent miracles à force d'être raisonnables'. » Si, en effet, tout miracle commence exactement alors que la nature d'une chose créée est insuffisante à expliquer jusqu'à l'ultime ses propres qualités, l'Univers,
1. Giirhardl, éd. cit., t. VII. pp. 41G-417, par. 110 du 5« Écrit contre Clarke.