Salus animarum suprema lex est. » (Ici., t. II, p
LES JESUITES
obtenir « tout le détail ». « Car la véritable philosophie pratique », dit-il, « consiste plutôt dans les bons ordres pour l'éducation et pour la socialité... des hommes, que dans les préceptes généraux sur les vertus et devoirs \ » Toujours Leibniz fut ainsi soucieux d'une morale sociologique et dédaigneux des généralisations hâtives. 11 demande aussi qu'on s'informe de la mathématique chinoise, sans doute totalement différente de la notre, et que l'on révèle surtout la physique chinoise, qui, n'étant pas encore réduite rationnellement, doit être toute nourrie d'expériences dont notre théorie pourrait s'enrichir à son tour ".
La Chine apparaît pour ainsi dire à Leibniz comme une expérience toute vivante, non encore desséchée par la théorie. Si l'esprit européen accepte de condenser sur elle tout son effort, c'est un monde de réalités neuves qui s'offre à notre raison. Sans doute déjà, durant l'histoire, des civilisations étrangères se sont révélées les unes aux autres; mais elles se combinèrent peu à peu et selon des transitions. Jamais y eut-il, comme actuellement, un monde séparé qui tout à coup s'ouvrît à notre action possible ? L'un et l'autre, le monde européen et le monde chinois, depuis des siècles ont travaillé à des problèmes qui se sont posés séparément pour tous deux. Or, un jour, brusquement, sans lentes préparations, ils se transmettent l'un à l'autre leurs découvertes.
Telle est, en Leibniz, la source de l'enthousiasme. Voilà pourquoi il écrit au P. Bouvet qu'il ne voit « rien de plus grand à faire de nos temps, tant pour les Chinois que pour nous, puisque nous pourrons leur donner quasi tout d'un