Id. P
3. kl., p. 475 : « ... das Feiier vor den kriifl'tigsten Schlii.ssel der Corper /u halten. » Sur Leibniz alchimiste, voir plus loin, i>« partie, ch. I«^ La Genèse î'elhjieuse, pp. :209-211.
PIERRE LE GRAND
pourrait-on déterminer, par exemple, en quoi une époque ajoute à une autre époque, puis discerner si l'évolution qui résulte d'un tel apport est continue ou discontinue, susceptible d'être réglée ou, au contraire, nécessairement et à jamais dépendante des initiatives individuelles? Enquêtes qui seraient celles-là mêmes que pressent et réclame Leibniz, lorsqu'il déplore la « confusion » humaine, la course « dans les ténèbres... sans chef, ni ordre, ni mot », et parmi « le marais et sables mouvants des doutes sans fm ». « Au heu de nous tenir par la main », ajoute-t-il, « pour nous entre-guider et pour assurer notre chemin, nous courons au hasard et de travers, et nous heurtons même les uns contre les autres, bien loin de nous aider et de nous soutenir. Ce qui fait que nous n'avançons guère ou que nous ne savons pas où nous en sommes^ » Incomplète, sans doute, et superficielle est notre croyance que l'invention marque par elle seule un progrès. Plus exactement nous dirions qu'elle n'est que progrès en puissance : le progrès émanera d'elle, si elle est méditée, située dans un ensemble et comme incorporée, et si elle s'affirme elle-même o-énératrice d'inventions nouvelles. Une découverte non organisée demeure quelque chose d'incomplet, qui ne change en rien l'état humain et la notion de notre tâche. Or c'est un tel changement que toujours Leibniz exige. « A présent », dit-il,
« tous courent en foule à ce que d'autres ont déjà fait , ou ils
se copient et même se combattent éternellement ' . » Ne devrionsnous point plutôt, demande-t-il, nous garder « de faire ce qui a été fait, et, au lieu de tourner dans un petit champ comme ces bêtes qu'on a attachées par les pieds », aller « plus loin
1. Gerhardt, PhiL Schr., éd. cit., t. VII, p. 457. Fragment sans titre connu sous le nom de : « Préceptes pour avancer les Sciences. »