Id., t. VII, p
3. F. de Gareil. éd. cit., t. VII, pp. 597-598- (Dernier Mémoire.) Leibniz poursuivait un dessein fort analogue, relativement à son propre pays. Cf. VnvorgreiffLiche Gedanken, betreffend die Ausubung und Verbesserung der teutschen Sprache, ap. Dutens, éd. cit., t. VI, ii, pp. 6 sqq., ouvrage de premier intérêt. Cf. Lévy-Bruhl : L'Allemagne depuis Leibniz. Essai sutla formation de la conscience nationale en Allemagne ; Paris, 1890.
4. Guerrier, éd. cit., p. 76. Lettre à Urbich. 3 janvier 1708.
PIERRE LE GRAND
Dès lors, la séparation de l'Asie et de l'Europe est tout à fait arbitraire. Leibniz saisit d'instinct la réalité géographique que les géologues actuels appellent lEurasie. Mais de la sorte le problème de l'expansion vers l'Orient se précise scientifiquement. La mutuelle pénétration de l'Europe et de la Chine n'est plus une chimère ; elle est exigée par la géographie elle-même. La Chine est à elle seule a une Europe orientale^ ». Et la Russie a pour mission de la reher à l'Occident, d'accomplir la synthèse de deux civiUsations qui s'ignorent. On choisirait un point type : Moscou deviendrait le siège d'un « commerce » entre la Chine et l'Europe', recueillerait avidement, de part et d'autre, et centraliserait les informations et les découvertes '\ Le Czar est ainsi en état de tirer « de l'Europe d'une part, et de la Chine, de l'autre, le meilleur, et de perfectionner par des décisions bienfaisantes ce que toutes deux ont accompli '. » La Russie peut combiner en elle-même, avec un équilibre naturel, l'Orient et l'Occident.
Ainsi Leibniz rêve de découvrir un pays en qui se puissent concentrer deux mentahtés, en apparence irréductiblement hostiles. Point de vue monadique en quelque sorte, qu'il ne pourra trouver réalisé dans l'expérience. Déjà pourtant, des missions russes sont envoyées en Orient; le Christianisme est introduit heureusement en Sibérie \ Dès 1098, Witsen écrivait à Leibniz qu'un prêtre grec était parti de Tobolsk