‹ Leibniz et l'organisation religieuse de la terre [microform]Chapitre 94 sur 306 · F. de Careil, éd. cit., t. VII, p · texte numérisé non relu

F. de Careil, éd. cit., t. VII, p

PIERRE LE GRAND

l'on a coutume de décrire. Œuvre révolutionnaire, d'ailleurs. Mais Leibniz la commença- t-il ? Après avoir déclaré en 1712 que les lois ne l'arrêteraient guère \ il ne se décidait pas. « Je ne suis pas encore venu à la considération des lois russiennes », disait-il en 1714 ; « d'autres y travaillent, mais je verrai peut-être un jour ce qu'ils auront fait ". »

Peut-être ne parvint-il pas à rédiger les projets de lois, parce que la guerre perpétuelle produisait une instabilité tout à fait contraire à une organisation juridique. D'ailleurs, le servage, qui s'étendait alors à toute la classe rurale astreinte à l'habitation fixe^ interdisait le mouvement des choses et des hommes. De plus, Leibniz, qui naguère avait déploré de ne pouvoir apprendre la langue slave \ n'attendait-il d'avoir des collaborateurs qui eussent vécu en Russie.^ De trop nombreuses données, éprouvait-il, lui échappaient. '

Nous ne pouvons donc déterminer exactement l'influence de Leibniz sur les lois russes. Du moins voyons-nous qu'une fois de plus on l'accuse à tort d'abstraction. Parce qu'il s'est dit lui-même, un jour, le « Solon » de la Russie " ; parce qu'il a complaisamment écrit que la Russie était une « table rase », on s'est figuré un réformateur utopique qui conseille de loin, sans égard aux contingences historiques. Pareil jugement serait définitivement rendu impossible, si l'on parvenait à établir, non plus seulement une harmonie générale.

1. Guerrier, p. 272. Lettre àlElectriceSophiede Hanovre, novembre 1712.

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