‹ Leibniz et lorganisation religieuse de la terreChapitre 210 sur 305 · Inédits, T/iéologie, vol. III, 7d, f · texte numérisé non relu

Inédits, T/iéologie, vol. III, 7d, f

4. Inédits, Théologie, vol. VII, 6, f<" 16-39. Cf. f» 34. Verso, Ih ligne: <• Nos quidem pariter ac Protestantes. »

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une union de foi et de cliarité^ Or celte définition de l'Église universelle s'applique, selon la pensée profonde de Leibniz, autant aux Catholiques véritables qu'aux Protestants véritables. Par conséquent, il est d'une part tout à fait inexact de croire à la sincérité de telles affirmations diplomatiques, qui iraient jusqu'à représenter Leibniz comme un adversaire de la Réforme, Mais, en même temps, si, comme théoricien personnel, il affirme la primordiale nécessité de l'amour; s'il admet que tous ceux qui aiment sont dans l'Eglise, et que tous les autres sont schismatiques '^ ; il a logiquement blâmé la Réforme en tant que schisme.

Dès lors, par son effort d'union religieuse, il traduit son intime volonté; et l'insistance avec laquelle il réprouve l'appellation de Luthériens ou de Calvinistes signifie sa crainte de voir se transformer en t3Tannie toute doctrine qui s'inspirera immuablement d'un homme ^ De même qu'il voulait que les Cartésiens découvrissent par leur propre force des principes philosophiques ; de même il désire que les Protestants déterminent volontairement et personnellement leur croyance '*.

Un tel espoir d'autonomie est conforme à un Protestantisme

1. Inédits, Théologie, \o\. VII. 6, f» 18 verso : « Qua? omnes una communione fidei caritatisque connectât. »

2. Inédits, Théologie, vol. Vil, 6, f" 43 : « Unitas Ecclesise consistit in cantate. » Cf. Inédits, Théologie, vol. VII, 5, f<" 117 et suivantes.

3. Cf. Note sur une lettre de Pellisson, déjà citée, F. de Careil, t. I", p. 196, note 2 : « On a tort de s'appeler luthérien. » Lettre inédite à Pfaff déjà cité, p. 285, note 4, et surtout Inédits, Théologie, vol. VII. 5, f» 79 : déjà cité ibid. Cf. aussi Lettre au Landgrave, 20/30 janvier 16D1. publiée à tort par Rommel avec la date fausse de janvier lb92. où Leibniz dit : « M. Pellisson a bien remarqué que j'évitais le terme de luthériens qui ne me paraît nullement convenable. »

4. Inédits. Théologie, vol. III, 7, e, f» 1. « Reformatus non crédit Reformatori propter ipsiusauctoritatem, sed quiaputat doctrinam Reformatons consentire cum scriptura sacra a se ssepe lecta et audita. » Phrase déjà citée. Sur Leibniz et les Cartésiens, v. plus haut. I" partie, ch. ii.

que les Réformés du xvii^ siècle eussent déclaré trop hardi. Mais par sa résistance à tout sectarisme il préparait l'union. Union tout idéale, faite de compréhensions mutuelles et comme de fusion mystique. A cet espoir, d'ailleurs, s'associait une sorte de frayeur que fussent anéanties les originalités religieuses. Double projet d^une union générale et d'un affermissement des Eglises protestantes proprement dites, n'est-ce pas un gage certain d'insincérilé? Bien timide, au contraire, et précaire serait la conception d'un homme, qui souhaiterait une unification si forte que les diverses expressions religieuses vinssent se cristalliser en une seule. Ambitieux que l'harmonie n'exigeât point le sacrifice ou l'atténuation des originalités vivantes, Leibniz a orienté la recherche religieuse de toute sa vie vers une synthèse de l'unité « pratique » et des diversités « dogmatiques ».

Peut-on s'étonner, dès lors, qu'il ait travaillé à l'union des Protestants entre eux, non seulement afin de les rapprocher davantage de l'Eglise romaine, mais aussi et surtout ^oz/r les affirmer et les magnifier dans leur attitude protestante? Il ne nous a jamais transmis les causes métaphysiques d'une telle espérance. Mais comment le monadisme se pourrait-il concilier avec une théorie de destruction ou de simplification voisine de la mort? Toute abdication ruinerait l'exigence profonde du leibnizianisme. Une chose n'est pas remplacée ou supprimée matériellement par une autre : elle s'y retrouve agrandie, « expliquée » : « Il est donc vrai, dans le fond, que les choses inférieures se trouvent dans les supérieures d'une manière plus noble que dans elles-mêmes \ » De même, pourrait-on dire, les Eglises se <( trouvent » dans l'Église

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