Id., t. II, p. 284, même lettre
3. Bossuet, Défense de la Tradition et des Haints-Pères, livre VI, ch. ii. Cf. éd. Guillaume, t. II, p. .592.
4. Id., Premier avertissement aux Protestants, éd. Guillaume, t. III,
dition, quand, au Concile de Chalcédoine, on s'exprimait ainsi : « Cette sainte Assemblée suit et embrasse la règle de la foi établie à >s'icée, celle qui a été confirmée à Constanlinople, celle qui a été posée à Ephèse, celle que suit saint Léon,... Pape de TEgiise Universelle, et n'y veut ni ajouter ni diminuer ^ ».
Rien de moins « miraculaire » que cette doctrine de Bossuet. On pose une « inspiration » primitive, qui demeure ensuite à travers le temps. Le miracle remplace les miracles. Bref, il en faut convenir : désespérée peut-être, si l'histoire ne la justifie pleinement, la thèse de Bossuet, puissante d'une logique intérieure, apparaît plus proche du Protestantisme que celle des Jésuites, initiateurs de Finfaillibilité pontificale. Pourquoi soulever cette question papale.^ demande Bossuet. Encore une fois, la règle infaillible des vérités de foi est le consentement unanime et perpétuel de toute l'Eglise, soit assemblée, soit dispersée. « Si c'est là, pour me servir de vos expressions, ce qui est le plus agréable aux Protestants, bien éloignés de les détourner de cette doctrine, nous ne craignons point de la garantir comme incontestablement saine et orthodoxe ". »
Un instant, l'union spirituelle se créait. Car nous saisirions bien imparfaitement les unions humaines, si nous nous obstinions à les chercher seulement en des résultats palpables et consciemment déduits. De trop multiples causes interdisaient ici une union de cette sorte. Mais, ce consentement de l'Eglise universelle, que Bossuet, dans son analyse, allait montrer
1. Bossuet Premier avertissement aux Protestants, éd. Guillaume., t. III, pp. 465 et 4(54.
2. F. de Careil, éd. cit., t. II, p. 285. Lettre de Bossuet à Leibniz, 9 janvier 1700,
si contraire aux Protestants ; qu'un autre le critique plus scientifiquement, et le prétendu antagonisme des deux altitudes, catholique et protestante, s'atténuera soudain. Tout nous dit qu'à cette période de la correspondance le débat décisif s'engage. La méthode est acceptée : Oui, il vaut mieux pour la raison que la perpétuité d'un miracle soit substituée à l'accident multiplié de révélations successives. Mais une vérification historique est-elle possible ? Par une abstraction issue d'une théologie optimiste n'a-t-on pas affirmé schémaliquementune thèse qu'ensuite les faits vont démentir?
Bossuet est assuré que l'histoire justifiera sa théorie. Mais Leibniz, estimant que les critiques générales ne produiraient nulle certitude, voudrait isoler des problèmes précis. Par exemple, le Concile de Trente a déclaré également canoniques tous les livres de l'Ancien et du Nouveau Testament. Or Judith, Tobie, Les Macchabées, ont-ils été vraiment de tout temps des livres canoniques ^ ? Bossuet pose en premier lieu que ces livres dont on dispute ne sont pas des livres « nouvellement trouvés, auxquels on ait donné de l'autorité" ». Tous ces livres, de même que ceux du Nouveau Testament, tels que la deuxième Épitre de Pierre ou VApoca- If/pse, ont été toujours déclarés canoniques, en particulier dès le IV* siècle par le Concile de Carthage, lequel d'ailleurs se réclamait d'une tradition antérieure \ Il est vrai que saint Jérôme ne voulait point « recevoir ces livres pour établir les dogmes ^ » ; mais son opinion était ici particulière et dérivait
1. F. de Careil, éd. cit., t. II, p. 270. Leibniz à Bossuet, s. d.
2. Id., t. il, p. 28a. Bossuet à Leibniz. Lettre du 9 janvier 1700.