‹ Leibniz et lorganisation religieuse de la terreChapitre 289 sur 305 · Lettre inédite à Morell, f» 16, verso · texte numérisé non relu

Lettre inédite à Morell, f» 16, verso

encore, « une science certaine de tout ce que je souhaiterais de savoir en théologie ; mais je crois pourtant de savoir assez certainement ce qui me paraît essentiel '. » Cette essence de la théologie fut entrevue par un Jacob Bœhme, qui avait « assurément quelques pensées sublimes et solides" ». Mais chacun, sans doute, selon Leibniz, doit se forger à soi-même sa propre théologie mystique : « Je perds trop de temps à... étudier » un homme tel que Bœhme, disait-il, « et j'avance bien mieux par mes propres méditations ^ » Méditations qui ramènent l'âme de plus en plus profondément à sa source. Renoncement à soi-même, pour trouver l'union avec Dieu; mais de cette union, si on la ressent avec force, on extrait immédiatement l'union totale avec le bien universel : « Je crois que le renoncement total à soi-même n'est autre chose que de préférer le bien commun, ou, ce qui est la même chose, la gloire de Dieu, à son intérêt particulier — Ce renoncement ne demande pas un repos, mais plutôt une activité \ »

S'incliner de plus en plus profondément vers la source de l'être; trouver Tunion avec Dieu, et alors discerner que Dieu lui-même agit; aller de plus en plus vers l'intérieur, puis épanouir cette intériorité, lentement conquise, par une activité émergée des profondeurs humano-divines ; — telle serait peut-être la foi initiale, d'où émaneront tous ces projets leibniziens que l'analyse tout à l'heure a froidement dissociés. On peut parler en effet d'une foi de Leibniz. Foi génératrice

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