Romniel, t. II. pp
2. Lettre inédite au R. P. Isensehe, 27 décembre 1093, folio 2. verso : (( Ne trouvez-vous pas plaisant que ce Général (le V. Gonzalès) a écrit presque en même temps contre les Turcs, contre les Français et contre les Jésuites t II n y a pas longtemps que je mandai cela à un Jésuite en riant, qui prit le parti de ne rien répondre à cet article. Cependant, je vois que plusieurs habiles Jésuites sont a présent du sentiment du Général... il me semble qu'autrefois le P. Esparsa était aussi anti-probabiliste. Il y a longtemps que je médite, en jurisconsulte, un ouvrage : De f/radibus prohalionum. Les logiques, même celles des plus habiles... passent cela. »
.3. Note inédile. Correspondance avec le Landgrave. Folio 484. 4. Allusion aux « Concerlaliones » des Jésuites. Cf. Rommel. éd. rit., t. 1, p. 280.
comptait, pourrait-on dire, surtout sur les élèves des Jésuites pour réformer leurs maîtres de demain. 11 n'admettait pas en effet les changements instantanés, et voyait dans la jeunesse la source la plus sûre des révolutions prociiaines. « Je conviens )), écrit-il à Morell, « qu'il y a une grande corruption parmi les ecclésiastiques ; mais où est-ce qu'il n'y en a point ? Tout ce qu'on peut dire d'eux de pis, c'est qu'ils sont comme les autres hommes. Les vouloir corriger en les déchirant, c'est exciter des désordres aussi grands que le mal, avec peu d'apparence dune bonne issue. Le vrai moyen de réformer les hommes serait de s'attacher à la jeunesse. Si on s'y prenait comme il faut, on aurait en peu de temps une autre génération d'hommes. Et pour le pouvoir obtenir, il ne faut pas rompre en visière à ceux qui sont dans les postes d'autorité ; autrement, on ne pourra pas même arriver à former les jeunes. Car de réformer les vieux, c'est à quoi il y a peu d'apparence. Les vieux cependant ne seraient pas fâchés que leurs enfants fussent meilleurs qu'eux \ »
« Avoir en peu de temps une autre génération d'hommes » ! Quand on pénètre ainsi au cœur de l'ambition active de Leibniz, on éprouve quelque effroi devant cette orgueilleuse audace, mal révélée par des expressions modérées. Leibniz semble vouloir attirer à lui les forces authentiques de l'universelle expérience. Dès lors, non seulement une volonté rationnelle mais une exigence pratique lui impose de ne rompre avec aucune essentielle doctrine. Il devra aggraver de toute la pensée humaine son système, et ne réduira point sa « Caractéristique » à une sorte de schématisme abstrait et froid,