‹ Leibniz et lorganisation religieuse de la terreChapitre 57 sur 305 · Id., t. III, p. 673. 27 mars · texte numérisé non relu

Id., t. III, p. 673. 27 mars

4. Une toute petite feuille, déchirée grossièrement, contient ces mots

LES JKSUITES lOii

Leibniz crut donc jusqu'à la fin en la pénétration des mondes. Avant de le blâmer de son rêve, réfléchissons qu'il n'en attendait le triomphe que d'une organisation sociale toute nouvelle. Ne nous trompons pas sur son enthousiasme. Leibniz, tel fut le secret de son lyrisme, parlait du présent ainsi qu'il voyait l'avenir. Mais quelque mélancolie se mêlait à son espérance : « Si j'étais jeune », écrivait-il au comte de Sclîulenburg, « j'irais en Moscovie et peut-être jusqu'à la Chine pour établir celte communication de lumières... Mais je ne pense pas" que je suis en Europe et que j'écris à un général'. » De môme, sans cesse, durant sa vie, Leibniz parla avec une apparente naïveté de la fusion de l'Orient et de l'Occident ; mais songeons toujours qu'en même temps quelque chose lui rappelait que l'Europe et l'Asie étaient, pour longtemps encore, séparées. Vraiment il avait conscience de travailler pour une très lointaine postérité. Peutêtre ces temps appelés ne sont-ils pas encore assez accomplis pour que tous sachent voir au-dessous des rêves métaphysiques une vérité politique.

écrits rapidement et avec de grands caractères : « Il me vient quelquefois tant de pensées le matin dans une heure, pendant que je suis encore au lit, que jai besoin d'employer toute la matinée, et parfois toute la journée et au delà pour les mettre distinctement par écrit. » (Cf. Ad Vitam Leibnitii, 10 b. fol. 2.)

Voir dans la Correspondance de Leibniz avec le marquis de lllospital, correspondance d'ailleurs si précieuse au point de vue du caractère de Leibniz, comme à celui de son développement mathématique : « J'ai souvent souhaité un jeune homme profond dans l'analyse, qui, en m'assistant, aurait trouvé encore de quoi se signaler lui-même, ce qui lui aurait depuis servi de recommandation; mais on n'en trouve point de cette sorte, dans ce pays-ci, ni dans le voisinage. » (Gerhardt, Mathematische Schriften, éd. cit., t. U, p. 228.)

i. Lettre inédile au général comte de Schulenburg. aoCit 1705.

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