Lettre à Sophie, 22 mai 1700. Ip. p
5. « Nihil utique utilius est, quam eruditos coire in societates. Optandum ésset, unam esset universalem, sed velut in collegia diversa distinctam. Tanta enim est inter se connexio diversarum eruditionis partium, ut non magis, quäm mutuo consensu et conspiratione quadam juvari possint. Sed quando vix est, ut sperari nunc tale quiddam possit, nisi major accedat auctoritas, contentos nos esse oportet diversis societatibus, quas tandem ipse rerum ratio connectet. Itaque vellem collegium, historiæ patriæ illustrandæ destinatum, urgeri a viris doctis paullo excitatius, quam fieri video. » Lettre à Placcius, 27 mai 1696. Sylloge, t. LIT, p. 154-5 (Durens, t. V, p. 69). Cf. Hannack, t. I, p. 35-36. Déjà, en 1672-1673, Leibniz avait dit, parlant des Académies de France, qu'elles peuvent former « Encyclopaediam artium et scientiarum. » KLopp, t. LIL, p. 4.
comprenant la géométrie, l’astronomie à laquelle il rattachait la géographie et la chronologie, l'architecture et la mécanique, la seconde embrassant la chimie et l'étude des trois règnes de la nature (1); il en bannissait les études purement littéraires et historiques comme de « simples curiosités » (2). Par là, 1l avait certainement pensé plaire à l’électeur de Brandebourg; mais il méconnaissait le caractère du futur roi de Prusse qui, bien que profondément allemand, voulait, dans toutes ses fondations, imiter Louis XIV et,par suite, réclama l’étude de la langue nationale, à limitation de l’Académie française, afin de réunir en une seule société cette Académie et l'Académie des sciences de Paris (3). Il n’y avait, dès lors, plus de raison pour n’y pas comprendre l’histoire et la nouvelle société embrassa les lettres aussi bien que les sciences (4) : le diplôme de fondation du 10 juillet 1700 lui reconnut pour but, non seulement l’étude de la langue allemande, mais encore celle de toute l’histoire de l'Allemagne, en particulier de l’histoire civile et ecclésiastique du Brandebourg (5).
1. Projet du 26 mars 1700. Harnack, t. IT, p. 78-79 (faussement daté du 25 mai par Kcorp, t. X, p. 304-5); déjà éd. par GuHRAUER, D. Schr., t. Je p- 272ss. et Foucuer DE CAREIL, t. VII, p. 608-11.
2. Cf. Lettre à D.-E. Jablonski, 12 mars 1700, à propos de l’observatoir : « Ich hâtte gern etwas mit der Zeit, davon ein realer Nutz und nicht blosse Curiositàt zu erwarten. » HarnNack, t. II, p.68 (GuxrAaurR, p. 145) et pl. loin, livre II, chap. 1.
3. En réponse à la lettre précédente, où Leibniz donnait le plan de la nouvelle société, D.-E. Jablonski répondait, le 23 mars 1700, que l'électeur approuvait complètement ce projet, «nur noch gnadigst hinzufügen, dass man auch die Cultur der teutschen Sprache bey dieser Fundation gedeaken môchte, gleichwie in Frankreich eine eigne Academie hiezu gestiftet. » HarNack, t. IT, p. 70 (GuHRAUER, p.151). Cf. « Voluit spontaneo animi motu Serenissimus Elector, ut Linguæ et rei Germanicæ cultus adjungerentur. » Lettre à de Volder, 6 septembre 1700. Genr. Phil, t. IT, p. 210 et : « Das erste absehen ist auf ein observatorium haupsächlich gerichtet gewesen, ich habe aber dafürgehalten, dass mathesis und physica insgemein zu beobachten, ja nachden 7h. Majestät selbst guth gefunden, das was in der Franz. Academie des Sciences und Acad. Françoise de la Langue in eines gezogen, mithin die teutsche Sprache besorget würde, hat man für nôthigt gehabt die zierlosen studia und die Histori nicht auszuschliessen. » Lettre à Tschirnhaus, 17 avril 1701. GEHR., Briefw., p. 511.
4. Lettre précédente, dernier passage souligné. Cf. lettre citée de Volder : « Præterea Historiæ et elegantioris eruditionis cura accedet, et ut verbo repetam, nihil spernetur quod faciat ad augmenta doctrinæ solidioris.» La dernière phrase soulignée par Leibniz.
- 5. « Solchem nach soll bey diesen Socie ät unter ander nützlicher Studien
Déjà, d’ailleurs, Leibniz s’occupait dé l’histoire d’Allemagne avec quelques savants de Berlin. Jean-André Schmid, l’ancien professeur de théologie à Helmstædt, devenu en 1699 abbé de Marienthal, ayant projeté de résumer les Centuries de Magdebourg (1) dont la bibliothèque de Helmstaedt possédait les principaux manuscrits (2), Leibniz en parla à Daniel-Ernest Jablonski, premier prédicateur de la cour de Berlin, avec qui il s’occupait de la nouvelle société des sciences, déclarant qu’à son avis on devait reprendre tout l’ouvrage sous forme d’annales, à la façon de Baronius (3). Un peu plus tard, Leibniz, qui voulait démontrer par l’histoire l'antiquité de la religion évangélique et la légitimité de la réforme allemande (4), parait avoir songé à faire reprendre et continuer par la société l’ouvrage de Baronius, pour en faire la base d’une histoire ecclésiastique à l’usage des protestants (5). A côté
was zu Erhaltung der teutschen Sprache in ïhrer, anständigen Reinigkeit, auch zu Ehre und Zierde der teutschen Nation gereichtet, abson- - derlich mit besorget werden, also dass sie eine teutschgesinnete Societät der Scientzen sey, dabey auch die ganze teustche und sonderlich Unserer Landen Weltliche- und Kirchen- Historte nicht verabsaumet werden soll.» HARNACGK, t. I, p. 93-94; KropPp,t. X, p. 326. Cf. BarTHoLmess, Hist. de l’ Acad. de Prusse, t. I, p. 23-24 et plus bas, note 4.