Il se termine par les mots cités plus haut, p. 312, n
8. Ms. cité, dernier volume. Le début, jusqu’en 774, est seul corrigé par Leibniz,
Ce manuserit ne pouvait être confié à un imprimeur. Leibniz en a fait faire par Eckhart une copie qu’il a revue, corrigée et complétée; elle est composée de trois volumes reliés où les années sont séparées par un feuillet blanc, écrits sur le recto seulement du papier (1). Sans doute, Eckhart n’a pas eu le temps de tout recopier, car l’ouvrage s'arrête à 963 ; de nombreux passages, dans la dernière partie surtout (2), sont, d’ailleurs, de la main d’un autre secrétaire. Enfin, comme cette copie elle-même était souvent surchargée, surtout au début (3), Leibniz la fit reproduire en entier par ses secrétaires, en partie par Eckhart vers la fin, seule portion qu’il paraît lui-même avoir revue, ou tout au moins corrigée et complétée (4). Peut-être Leibniz voulait-il garder pour lui cette seconde copie, car il en fit exécuter une nouvelle par un autre secrétaire, d’une écriture large et très lisible, portant seulement sur un Côté des feuilles rangées en cahier, par année,comme dans la minute. Ce dernier secrétaire n’eut naturellement pas le temps d’aller aussi loin qu'Eckhart et Leibniz encore moins de revoir le tout. Le texte s’arrête à 914 et les corrections,très rares d’ailleurs, disparaissent à partir de 806 (5). C'était là, évidemment, la copie définitive, que Leibniz se proposait de donner à l’éditeur et qu’il n’eut pas le loisir de faire imprimer.
Enfin, pour se retrouver sans doute dans l’immensité de son œuvre, Leibniz avait fait composer un recueil des sommaires de chaque paragraphe qu’il avait lui-même revu.
- Ms. XIT 713b. 1, 769-855; 11, 856-899: 111, 900-963. . En particulier depuis l’année 901.
. Specimen dans PErrTz, Tab. 3.
- Ms. XII 713c, 15 volumes in-folio selon la division en livres établie par Eckhart sur les indications de Leibniz (v. plus bas, p. 329, n. 5). Au tome XI (962-973) apparaissent quelques corrections de Leibniz; nombreuses ainsi que les additions au tome suivant (973-983), elles redeviennent rares au tome XIIT (984-995) copié par Eckhart et manquent tout à fait aux tomes suivants, dont le premier est au début copié par Eckhart. Cette copie étant la dernière complète a servi à Pertz à établir son texte.
5. Ms. XI18 7134. D’abord en deux volumes, depuis 1903 partagés chacun en deux : 1, 768-810: 11, 811-850; 111, 851-878; 1V, 879-914.
CD
Ce sont deux volumes manuscrits, correspondant aux tomes projetés de l’ouvrage; ses adjoncetions et les corrections de Leibniz se trouvent surtout au début et s'arrêtent en 1001 : à l’année suivante disparaît la numérotation même des paragraphes (1), ee qui prouve que ces sommaires étaient copiés à peu près au fur et à mesure de la rédaction de l'ouvrage, que Leibniz n’a pas eu le temps de les revoir en entier et que le copiste, arrêté par sa mort, n’a pas achevé complètement sa tâche.
Î nous reste à voir dans ses grandes lignes en quoi consistait cet ouvrage. Leibniz a souvent dit comment il était arrivé, en partant de l’histoire particulière de Brunswick, à s'occuper de toute celle de l'Empire (2) et même de l’Europe occidentale (3). C’est ce"qu’il a voulu indiquer dans son titre qui était d’abord Annales imperii occidentis brunsvicensibus innexi (4), indiquant que l’histoire de l'Empire
était comme enchâssée dans celle de Brunswick, et qui
4. Ms. XII8 7135, volumes I et III allant de 769 à 917 et de 919 à 1005; il n’y à de lacune que pour l’année 918 et le premier volume a pour titre ARGVMENTA CVIVSLIBET ANNI.
2. « Comme en faisant l'Histoire des antiquités des Regions et Maison de Bronsvic-j’estois obligé de traiter des affaires de tout l’Empire pendant le regne des cinq princes » de famille saxonne de Henri [er à Henri II, « j’ay crû qu’il valoit mieux de le faire dans tout l'ouvrage. Car aussi bien les Witikiads, les Ludolfes, les Welfes, les Adalberts de Toscane et autres predecesseurs de Bronsvic m'obligeoient de ne point oublier la haute aussi bien que la basse Allemagne et meme l'Italie ». Lettre à Bartenstein (corr., fol. 3), 17 novembre 1713 (daté par erreur de 4716). Cf plus haut, p. 238, n. 8.
3. « Ce seront les Annales de l’Empire où les affaires de la France orientale et occidentale et de l'Italie seront expliquées. Je n’ay pu bien faire les Annales de l'Histoire de la Maison sans faire celle de l'Empire; car Witikind et Ludolf obligent à donner celle de Saxe, les Guelfes fournissent cellede la, Haute Allemagne et Azon avec ses ancestres et ceux qui sont liés avec luy celles de l'Italie. Les rois de la Bourgogne Transjurane ont aussi esté de la famille des anciens Guelfes. Et sous Henri l’'Oiseleur.les trois Ottons et Henri le Saint, l’Histoire de l’ancienne Maison est directement celle de l'Empire ». Lettre à Muratori, 18 octobre 1715. Camport, p. 225. Cf. lettre du 18 novembre. In., p. 226-7 (Durens, t. IV, part. 2, p. 107-8).
4. Écrit en marge du passage où le P. Lelong (corr. fol. 81), parlant des Annales le 22 novembre 1712, lui avait écrit : « Je vous prie de m’en envoyer le titre en François si l’ouvrage est en allemand, ow bien en Latins’il est escriten cette langue». Il le réclamait pour la bibliothèque des historiens de France qu'il avait projetée et souhaitait qu’elles fussent en latin pour pouvoir en profiter. :
328 LEIBNIZ HISTORIEN Et
devint plus tard Annales imperit occidentis brunsvicenses(1), montrant, au contraire, la fusion de l’histoire de Brunswick et de celle de l'Empire qui domine tout l'ouvrage (2). Une préface (3), indiquant le plan et la composition de l'ouvrage, mais écrite bien avant son achèvement, faisait prévoir qu'il irait jusqu’à Otton IV (4). Leibniz y déclarait ‘commencer à Charlemagne, parce qu’en restaurant l’Empire romain les Germains ontréparé les maux qu'ils yavaient faits(5), et insistait sur l'intérêt qu'a pourl’Allemagne l’histoire de cet Empereur avec qui apparaît la Saxe et qui permet ainsi aux Saxons de succéder aux Francs (6); à l’histoire des Carolingiens succédera naturellement celle des rois et des Empereurs saxons, issus de la maison de Brunswick (7), que suivent eux-mêmes les Gibelins avec les trois Henri, puis les Guelfes avec Lothaire IT et, plus tard, Otton IV, neveu de Henri Guelfe (8). Il examine ensuite la double origine des Guelfes, sortis de Bavière avec les Agilolfingiens et d’Italie avec Azon, d’où sont issus les princes de Brunswick (9), développe l’histoire de ceux-ci, surtout dans leur rivalité contre les Hohenstauffen (10),
1. À Carolo M. et Wiütikindo ad Henricum S. ultimum ex prima stirpe Brunsuicensi Imperatorum ubi speciatim Welforum et Gibellinorum, Brunsvicensium et Estensium Principum antiquitates eruuntur, d’après une feuille autographe, s. d., Ms. XII8 7132, t. II, fin, reproduit en fac-similé par Perrz Tab. 1. :
2. Ala suite du passage cité plus haut, p. 309, n. 1, de la lettre à des Bosses du 30 décembre 1714. Leibniz écrit : « Complectentur illi Historiam Imperii Occidentis, inde ab initiis regni Caroli Magni, usque ad finem Henrici Sancti, ultimi quinque Imperatorum, vel Regum ex Domo antiqua Brunsvicensi, qui se continuô sunt consecuti. Itaque habebimus non tantüm Carolingorum, sed etiam Saxonicorum, seu antiquorum Brunsviscensium Imperatorum historiam ».
GRIP ERTZ- LP a:
4. « Lotharius masculo prolis expers Henricum Guelfum generum, a quo hodierni Brunsvicenses aut Luneburgici descendunt, proxime ad summas spes adornavit quæ demum in ejus nepote Ottone quarto exitum habuerunt. Eousque nos historiam producemus. ». Ip.,p. 5.