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V. plus bas, livre IT, chap. v

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bards et des Romains, pour mieux connaître l’histoire des princes de Brunswick (1); en réalité, il y étudie avant tout l’histoire de l’Empire et des Empereurs, par suite, celle de l'Allemagne et de l’Italie, de la France et des petits royaumes voisins (2), puis celle des différents pays d'Occident, Bretagne, Espagne, et même de ceux d'Orent, l'empire byzantin et l’empire arabe dans leurs rapports avec l’Europe. Aussi Leibniz, qui déclarait avoir pu réfuter bien des erreurs grâce à l’étendue de sa documentation, espérait-il que l'ouvrage serait utile même en dehors de l’histoire du Brunswick et de ses princes (3).

Il s'était attaché surtout à élucider les questions généalogiques et chronologiques (4); il se proposait d’ajouter aux Annales une table généalogique de la maison des Guelfes ou de Brunswick jusqu’à l’époque contemporaine, contenant la suite des princes, leurs alliances avec les grandes familles dont il avait amélioré la généalogie; il se vantait d’avoir exactement constitué la chronologie des neuvième. et dixième et en ‘partie des huitième et onzième siècles, en particulier dans la dissertation sur la papesse Jeanne. Il prétendait même qu’on n’avait encore rien de pareil sur le moyen âge, qu’il avait détruit un grand nombre de légendes et établi quantité de faits nouveaux sur l’histoire d'Allemagne et d'Italie (5).

4. « Atque hæc fusius exponenda fuere, ut facies rerum per Germaniam et Italiam,tum Saxonum, et Agilolfingorum Bajoariæ,et Longobardorum quoque, ac Romanorum res ejus temporis noscerentur : unde origines et rerum dicendarum, et Brunsvicensium principum veterum ac posteriorum, Ludolfingorum, Guelforum, Atestinorum, sunt repetendæ. » Ann. Imp.'769, $ 22, t. I, p. 26. Cf. plus haut, p. 328, n. 2.

2. V. l'instruction à Fidler citée plus haut, p. 156, n. 1 et : « Vous trouverés que je dis des affaires de France plus que M. Cordenoy et le Père Daniel, mais plus encore des affaires de l'Allemagne, et que je ne neglige point celles d'Italie ». Lettre au P. Lelong du 11 mai 1716 citée plus haut, p. 311, n. 7.

3. « Nobis circa anteriora versantibus ipsa publica historia præstitit tabularii vicem,quæ nonnihil auximus monumentis undique conquisitis multosque receptos errores sustulimus. Itaque aliquem gratiam apud eos speramus, in quorum rem nihil Brunsvicenses aut Guelfi. » Préface, fin, p. 8.

4. V. plus haut, p. 242 ss. et 299; plus bas, livre IT, chap. 11.

5. « Et subjicietur annalibus deductio genealogica Guelfica seu Brunsvicensis, ad nostra usque tempora, ex tabulariis eruta, brevem sed accuratam

Leibniz, en jugeant ainsi son œuvre, « étoit trop savant pour être présomptueux (1) »; Pertz, en éditant les À nnales, après un oubli de près d’un siècle (2), à ratifié ce jugement dans un éloge amphigourique (3). Peu après, Guhrauer, rappelant un mot de Pertz (4), prédisait à l'ouvrage des lecteurs de tout genre en raison de son multiple intérêt (5)

familiæ totius historiam complexa, cum aliarum illustrium familiarum, velut ibellinæ, Austriacæ veteris et novæ Andegavensis, Anglicæ, Schirensis seu Bavaro-Palatinæ etc. genealogiis longe melius quam hactenus constitutis.

Per documenta etiam constituetur exacte chronologia seculi noni et decimi, cum parte oetavi et undecimi, quæ hactenus miris tenebris involuta fucre, adjecta etiam dissertatiuncula, quæ inscribitur : Ælores sparsi in tumulum papissæ... Denique ausim dicere, nihil tale ad historiam mediam hactenus prodiisse, in quo tam multi sunt sublati errores in imperii rebus per Germaniam Italiamque, et res in clariore luce positæ. » Suite du passage cité plus haut, p. 318, n. 7. — C’est en grande partie des matériaux réunis pour préparer la dissertation généalogique, que sont tirées les Origines Guelficæ, 1750- 1753, ouvrage qui provient en grande partie de Leibniz. Wecezp, p. 660; WATTENBACH, t. IT, p. 16; cf. LanGLois, p. 319.

1. FoNTENELLE, Æloge cité (Durens, t. I, p. xxvir, à la suite de la traduction du passage précédent). En 1749, Scnerpr, dans la Préface du Protogée(DuTENSs, t. IT, part. 2, p. 197) devait traiter les Annales d « incomparabile opus ». V. son éloge dans les Origg. Guelff. (PeRTz, t. I, p. xxx-11).

2. Sur l’histoire de cet ouvrage de 1716 à 1746, où il n’a plus été question de le réimprimer, et sur les circonstances de l’édition par PERTZ, 1843-46, v. sa préface, t. I, p. xxvI-xxxX et XXXIII-v.

3. « Die gereifte Frucht eines langen thatenvollen Lebens, trägt diese grosse Arbeit den Stempel des Genius, welcher darinn das Hôchste leistete, was er auf dem Felde der Geschichte vermogte. Die Sorgfalt und Ausdauer im Sammeln des weitverstreuten ungekannten Stoffes, die Vertrautheit mit dent reichen Felde der historischen Literatur, die Umsicht bei der Prüfung, der richtige Blick bei der Entscheidung dunkler und zweifelhafter Fragen; die Vielseitigkeit des Geistes, welcher auf Alles was Menschen wichtig seyn kann gerichtet, die mannigfaltigsten Kentnisse in seinem Werke niederlegte, und in der Theologie und Philosophie eben so lebte als er in Staats- und Kirchenrecht, der Mathematik und der schônen Litteratur zu Hause war: ein Geist, welcher in der Wissenschaft kein hôheres Gesetz als die Wahrheit, keinen Zweck als die Erleuchtung und Veredlung des Menschengeschlechts kannte; ein Herz, welches auch bei den Beziehungen,die es an: ein gelieb tes und verehrtes Fürstenhaus knüpften, stets für das Recht schlug und nach dem Willen dieser Fürsten allein dem Recht die Ehre geben sollte, und welches bis zum letzten Athemzuge die Erhaltung, Sicherung und Befestigung des Deutschen Vaterlandes als hôchstes Ziel seines rastlosen Wirkens erkannte. » Perrz, t. I, p. xx1v-v.

4. «Ein Lebenswerk ». Guru, t. II, p. 322 (« Leibnizens Lebenswerk », PERTE)

5. « Gleichwohl bedient dieses Werk nicht bloss bei den Historikern von Handwerk, bei den Forschern in den Quellen und Urkunden des Mittelalters, sondern auch in einem viel grüsseren Kreise das grôsste Interesse, namentlich für die Theologen, und Geschichtsschreiber der Philosophie, der allgemeinem

et ajoutait que bien des morceaux, dont la forme est toute imprégnée d’antiquité, pourraient prendre place dans une chrestomathie générale de Leibniz(1). Tous les médiévistes allemands qui se sont occupés des Annales Imperu les ont louées à l’envi : Lange leur reconnait trois qualités principales, la vérité, la finesse critique et le patriotisme (2); Giesebrecht, quiles compte parmiles plus grandes œuvres inspirées par l’époque impériale allemande (3), déclare que la richesse de la documentation et la finesse de la critique leur ont conservé aujourd’hui encore une valeur considérable (4). E. Dümmler proclame que, dans la littérature historique moderne, les Annales imperii méritent la première place (5); d’après Wattenbach, l'ouvrage reste encore très utile aujourd’hui « à cause de l'étendue des vues et du plan, de la méthode sûre, du sens critique et de lintelligence de l’auteur » qui méritent toujours l’admiration (6). Harnack enfin renchérit encore sur ces jugements (7). En France, nous ne connaissons que Foucher de Careil qui ait

Cultur und Civilisation in Mittelalter. » T. II, Beïl., p. 96. Cf. Leibniz « seiner ganzen Art nach es nicht unterlassen konnte, von dem jeweiligen Gegenstand immer wieder Abschweigungen in die verwandten Gebiete (Theologie, Sprachenforschung, Kirchenrecht u. s. w.) zu machen, da seinem Geist stets der

Zusammenhang des Ganzen der Entwicklung vorschwebte. » PFLEIDERER, p. 641.

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