LE PREMIER SÉJOUR A HANOVRE ET LES ORIGINES DE L'HISTOIRE DE BRUNSWICK
Jean-Frédéric avait appelé Leibniz à Hanovre pour y remplacer son bibliothécaire, Tobie. Fleischer, devenu en septembre 1674 conseiller à la chambre de Danemark CL): “aussi, dès son ‘arrivée, fut-il nommé bibliothécaire aux conditions qui lui avaient été proposées d’abord (2). I réclama aussitôt les avantages qu’on lui avait finalement promis (3) et, vers la fin de l’année 1677, eut une augmentation de traitement et fut « reeu à la chancellerie en qua- Irté de conseiller » (4) aulique où il était sous les ordres du
4... GunrAUER, t. I, p. 169. Cf. E. BariNG, Clavis Diplomatica, 2° édition, LJ8E pAE, ne
2. T1 avait « 400 écus d'argent content, et le logement à la Bibliothèque de $. À. $. avec un simple titre de conseiller. » Lettre à Gallois, 9 décembre 1678. Gunr., Math., t. I, p.188. i |
3. Lettre à Jean-Frédéric, janvier 1677. Kiopp, t. IV, p- 371-3.
4. Lettre au mêmes.d.(sur la date de la lettre et de sa nomination, v.p. XXXII et xLII1), ID. p. 388. Il était membre « du conseil aulique qui estimmediatement après celuy d’Estat, avec esperance de quelques autres graces et beaucoup d'entrée auprès du maître », « 500 écus de gage bien payés, le logement et la table », ce qui paraît avoir fait de 900 à 1.000 thaler. Lettres à Gallois, s. d. (1677) et. 9 décembre 1678. Gerr.,. Math, t. I, p.179 et 183. Cf. PRANDE, p-. 183. En 1680, Leibniz dit n’avuir que 600 thaler de gages, ce qui, outre le vivre et ie couvert, lui fait plus de 1.000. Lettre à Linckers. d. citée plus. bas, P: 43, mu
vice-chancelier Ludolf Hugo, ancien élève de Conring à Helmstaedt, auteur d’écrits juridiques et politiques (1). Leibniz avait ainsi une double charge, celle de bibliothécaire et de conseiller aulique ; en 1679, il en assuma une troisième, celle de surveillant des mines du Harz (2). Il lui eût été difficile de les remplir complètement toutes: aussi était-il dispensé d’assister au conseil (3), sauf quand sa présence était indispensable, c’est-à-dire quand il était question d'histoire et de droit publie (4). Cependant Leibniz trouvait dans son emploi de bibliothécaire de quoi continuer et renouveler ses études historiques et dans ses fonctions de conseiller aulique, à une cour dont l'influence devenait de plus en plus grande en Allemagne (5), l’occasion de s'occuper de politique générale.
Il essaya d’appliquer ses principes à la bibliothèque du duc, c’est-à-dire d’en faire une sorte d’encyclopédie (6) où l’histoire devait tenir la première place, principalement l’histoire politique contemporaine (7). C’est pourquoi